Je vais prendre le temps....

    Je vais prendre le temps de laisser poser mon regard sur les choses de tous les jours et de voir autrement, celles que chaque matin je croise sans les voir. Toutes ces choses familières que je côtoie à longueur de jour, de mois, d'année....

    Je vais prendre le temps de voir l'étrangeté des arbres, ceux de mon jardin, ceux du parc voisin qui, le crépuscule venu bruissent de mystère...

    Je vais prendre le temps de laisser poser mon regard sur les êtres que j'aime, et de regarder autrement les miens, celles et ceux qui me sont les plus proches et que parfois je ne vois même plus, je n'entends même plus tant le souci de mes affaires, de mon travail parasitent mon cœur et mon corps....

    Oui, je vais prendre le temps de les découvrir de me laisser surprendre encore et toujours par ceux que j'aime....

    Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi toi mon Dieu, au-delà des mots, des formules et des habitudes; Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert, et tu me surprendras mon Dieu... Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer autrement.

F.RIDER

Thème de réflexion : « Nos enfants »
Nous les avons attendus, choyés, élevés... Peu à peu, ils ont pris leur indépendance… Ils ont été marqués par notre séparation et ont réagi chacun différemment.
Où en sommes-nous avec eux, aujourd'hui ?
Que nous apportent-ils ?
Quelles difficultés rencontrons-nous avec l'un ou l'autre ?

Thème de réflexion : « La violence s'installe partout ces temps-ci »
- Comment se manifeste-t-elle autour de nous ? en famille, au travail, dans la vie courante....
- Comment réagissons-nous personnellement ? à chaud et plus tard à la réflexion ?
- Que pouvons-nous faire pour ne pas envenimer les choses ?

lieu de la rencontre : le presbytère de Notre Dame du Voeu rue du président Loubet

 

L'éclairage d'Anselm Grün

MES CONSEILS POUR PRIER

     A l'occasion du 40 ème anniversaire du magazine Prier, j'aimerais partager avec vous certaines de mes idées sur la prière. Je rencontre souvent des personnes qui me disent qu'elles ne savent plus prier, alors qu'elles le souhaitent ardemment. Elles s'imaginent qu'il faut " trouver les bons mots". Pourtant, la prière ne se réduit pas à des mots, même emplis de piété et ferveur. c'est d'abord une rencontre avec Dieu qui nous transforme. Elle se fait selon moi en quatre étapes.

      La première, c'est la rencontre avec soi-même. Avant de me présenter à Dieu, je dois prendre conscience de la personne que je suis vraiment. La plupart du temps, nous ne voulons montrer que nos meilleurs cotés. Or il s'agit de me montrer a Dieu sans fard et sans masque. Je dois me poser la question : à quoi ressemble mon vrai moi ? Je dois prendre conscience de mes émotions et de mes passions, me confronter à la réalité de ce que j'avais tenté de me cacher à moi-même. Cyrille de Jérusalem, un Père de l'église du 4 ème siècle, écrit: " Tu veux que Dieu t'écoute, mais tu ne t'écoutes pas toi-même ! " La première étape est donc de se rencontrer soi-même, de s'écouter et de présenter la vérité de ce que nous sommes au regard bienveillant de Dieu.

       La deuxième, c'est la rencontre avec Dieu. Avant de prier, je fais silence et me demande: qui est-ce que je prie? Qui est ce Dieu devant qui je me tiens et avec qui je parle? Je dois me souvenir qu'il m'est impossible de " saisir" totalement qui il est à travers des mots ou des images. Dieu est toujours plus que ce que je peux imaginer. Je ne peux le penser qu'en termes de contradictions: Il est à la fois créateur de l'univers et en moi. Je tombe à genoux devant lui, mais je peux aussi me tenir debout et lui parler plus librement qu'à mon meilleur ami. Quand j'ai l'impression qu'il est loin, je lève les yeux vers lui et m'imagine assis à ses pieds. Et même si je continue de me référer à lui dans tout ce que je fais.

       La troisième étape est le dialogue avec ce Dieu insaisissable et infini. Je lui dis ce qui m'anime ou me préoccupe. Le faire à haute voix, avec mes mots, me révèle si ma prière reste superficielle. Je discerne mieux ce que je voulais exprimer à Dieu. Il faut que j'essaie de lui dire ce que j'ai vraiment au fond du cœur. Ainsi mon dialogue avec lui me conduira à ma propre vérité. Mais la prière ne doit pas forcément prendre la forme de mots. Il me suffit parfois simplement de m'asseoir, de faire silence et de laisser émerger devant Dieu tout ce qui monte en mon âme: pensées, émotions, besoin, passions... et d'avoir confiance. Ce que je confie à Dieu, il l’accueille et l'inonde de son amour.

"Lorsque Dieu règne en moi, je suis libéré des passions qui assombrissent son image "

         La quatrième étape de la prière, c'est le silence. Je dois me taire pour entendre sa réponse. Je ne vais pas entendre des voix! Mais des pensées me viennent. Celles qui sont inspirées par Dieu entraînent un sentiment de vitalité, de paix, de liberté et d'amour. Celles inspirées par les démons ou mon surmoi n'éveillent que peur, impuissance et surmenage.

          C'est parfois avec son silence qu'il me parle:  Son silence me dit que je dois me défaire des images que j'ai de lui et de moi-même pour faire place à ce qu'il est vraiment.

   En faisant silence, je rejoins aussi Dieu pour qu'il m'unisse à lui. Je le regarde et me laisse regarder. L'oraison me conduit dans ce lieu silencieux en moi où il habite. Son but est de me faire reposer dans sa grâce. A la source de mon âme où Dieu demeure, ni le vacarme de mes pensées, ni les attentes, ni les opinions des autres n'ont droit de passage. C'est ici que le Royaume s'établit en moi. J'y suis véritablement libre et deviens la personnes unique que je suis devant lui. Ma prière s'achève par l'union avec Dieu et par la rencontre avec mon véritable Moi. Lorsque Dieu règne en moi, je suis libéré des passions qui troublent et assombrissent son image. Il me libère à moi-même.

         Je ne dois pas suivre automatiquement toutes ces étapes.  Bien souvent, il me faut en répéter une ou plusieurs. Mais elles peuvent être une aide pour structurer la prière. Au bout d'un certain temps, nous n'aurons plus besoin d'elles. Nous ferons alors pleinement confiance à la rencontre avec Dieu, qui se développera d'elle-même.

Thème de réflexion : « Depuis mon divorce, ai-je rencontré des personnes avec qui j'ai noué des relations d’amitié, de confiance...»
Est-ce que c'est important pour moi ?
Puis-je dire ce que cela m'a apporté ?
Qu'est-ce que cela implique ?

IL FAUT TOUT RECONSTRUIRE

       Quand il faut tout reconstruire, une présence permet de ne pas dériver trop loin.

Comment décrire la souffrance de cette épreuve, si on ne l'a pas vécue ?

Il est absolument impossible de décrire la souffrance que l'on traverse. Seuls, ceux qui sont passés par ce type d'épreuves peuvent " entendre" et, un peu comprendre ce que cela signifie.

Non seulement je ne pensais absolument pas que l'on pouvait souffrir autant, mais surtout je n'imaginais pas la profondeur, l'intensité, la violence de la douleur : une douleur qui vous fait préférer je ne sais quelle mutilation, bras ou jambe, plutôt que ça !

En effet, la blessure dont je parle est d'un tout autre ordre : elle atteint le lieu qui est le tout de la vie : L'amour, le sens de sa vie.

Je comprends les personnes qui, après un divorce, se suicident ; ou qui et c'est la même dérive, sombrent dans l'alcool, la drogue ou la prostitution : "je ne vaux plus rien ! A quoi bon continuer à vivre ! "

Personnellement, j'ai fait l'expérience de vivre à côté de mes pompes, de ne plus savoir qui j'étais : mon médecin m'a mise sous antidépresseurs ; je ne me reconnaissais plus. Aujourd'hui, je veux témoigner humblement et en vérité que l'on peut toutefois s'en sortir ; certes, ce n'est pas facile, ce ne sera plus jamais comme avant. Ce sera radicalement différent ! il faut tout reconstruire.

Mais la foi en Jésus Christ au sein de telle épreuves est une force dont on n'a pas idée!

Dans ces épreuves, les amis se révèlent. Les "vrais", celles et ceux qui, souvent mieux que la famille, sont là tout simplement, quand il faut, au moment opportun, sans forcément beaucoup de paroles, une présence, simple, ajustée ; quelque chose qui sonne juste, qui sonne" vrai", généreux, en toute discrétion et efficacité, quand les problèmes matériels, administratifs, judiciaires vous submergent...

Ces amis m'ont aussi stimulée dans la poursuite d'une activité professionnelle et permis de retrouver à nouveau l'estime de soi ! Et c'est beaucoup !

" Je trouve quel sens donner à ma blessure"

Et puis, je veux vous parler des "témoins de l'espoir" : Un lieu d'accueil, un lieu d'amitié, un lieu de solidarité. On retrouve le goût de partager un jus de fruit, un gâteau, et à travers ces symboles, partager l'essentiel : sa propre existence.

"On peut même ré-apprendre à prier entre nous"

"Cette blessure, seigneur, je sais bien que je l'aurai toute ma vie ; mais je sais maintenant quel sens lui donner. Je sais même que ma cicatrice, si souvent fragile, m'apprend aussi à mieux aider celles et ceux qui traversent les épreuves de la vie même si je me garde bien de parler de moi. Pourtant, je pense qu'en agissant ainsi, je ne suis pas très loin de l' " Évangile".

témoignage de Christiane

LA VIE TOUJOURS NOUS BOUSCULE,NOUS DÉRANGE !

Vivre, c'est être dérangé, par des événements, par les autres, par le temps, ect.... Il ne s'agit donc pas de se protéger, mais de faire face, de s'adapter, de répondre. Le proverbe dit; " La vie ne consiste pas à échapper aux orages, mais à apprendre à danser sous la pluie". Mais de quelles forces disposons-nous pour affronter le dérangement, le changement ou le déménagement, en fait le chaos habituel de nos pauvres vies ?

La force de la liberté, par la réflexion, le recul, la méditation, la prière.

La force de la fraternité, par la famille, les amis, les sages, leur écoute et leur conseil.

La force de l'espérance, grâce à notre idéal, nos valeurs, nos rêves, ou la foi.

Ces forces peuvent nous permettre de vivre sereinement les événements graves ou joyeux de nos vies car nous pouvons alors exercer le travail de l'intelligence pour trouver le chemin, mettre en valeur la vérité, débusquer le mensonge, mesurer nos passions et poser un choix sans trembler. C'est prendre le temps du discernement. Le mot discerner vient du mot cribler. Le discernement, c'est passer au crible nos vies, nos idées, les appels que nous recevons pour poser un choix et agir. Enfin Saint Paul nous rappelle que "Tout concourt au bien de celui qui aime Dieu"(Rm 8,28). Aussi, que les bonnes résolutions de cette nouvelle année soient prises avec discernement. Bonne rentrée!

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  J'ai fait un rêve, la nuit de noël.

Je cheminais sur la plage, côte à côte avec le Seigneur.

Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte,

La mienne et celle du Seigneur.

L'idée me vint - c'était un songe -

Que chacun de nos pas représentait un jour de ma vie.

Je me suis arrêté pour regarder en arrière.

J'ai vu toutes ces traces qui se perdaient au loin.

Mais je remarquai qu'en certains endroits,

Au lieu de deux empreintes, il n'y en avait plus qu'une.

J'ai revu le film de ma vie.

O surprise !

Les lieux de l'empreinte unique

correspondaient aux jours les plus sombres

De mon existence.

Jours d'angoisse ou de mauvais vouloir ;

Jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur ;

Jours d'épreuves et de doute ;

Jours intenables .....

Jours où, moi aussi, j'avais été intenable.

Alors, me tournant vers le

Seigneur, j'osai lui faire des reproches :

" Tu nous a pourtant promis d'être avec nous tous les jours !

Pourquoi n'as tu pas tenu ta promesse ?

Pourquoi m'avoir laissé seul aux pires moments de ma vie ?

Aux jours ou j'avais le plus besoin de ta présence ? "

Mais le Seigneur m'a répondu :

" Mon ami, les jours où tu ne vois qu'une trace de pas sur le sable,

ce sont les jours où je t'ai porté. "

-Ademar de Barros, poète brésilien