Je ne sais pas manifester mes sentiments

Exprimer ses émotions ? Plus facile à dire qu'à faire ! La faute tantôt à la pudeur, tantôt à une difficulté à verbaliser. Et puis, nos émotions, à qui les confier ? A nos proches ou à un professionnel ? Voici quelques pistes...

Dans la vie, on a déjà des tas de choses à gérer. Alors s'il faut en plus prendre son temps de s'écouter et d'analyser ses propres émotions : On ne s'en sort plus. Pourtant, ne pas faire attention à sa sensibilité, à ses sentiments peut être une attitude très destructrice...

Pourquoi faut-il exprimer ses émotions au quotidien ?

Faut-il faire l'effort d'exprimer systématiquement toutes ses émotions ? Pas forcément ! Mais face à des émotions négatives, le refoulement a parfois des conséquences nocives. Il est donc plus sain de les exprimer, afin de s'en libérer. La capacité d'exprimer ses émotions nous facilite grandement la vie au quotidien !

En effet, une bonne communication constitue la base de relations saines et harmonieuses. Au travail ou en famille, faire part de ses émotions est plus particulièrement utile lorsque nous ressentons de la colère ou de la souffrance. Incapable d'exprimer ces émotions, nous risquons de nous lancer dans un réquisitoire, et la discussion tournera immanquablement au conflit.

Comment réussir à exprimer ses émotions

Famille, amis ou conjoint, il arrive fréquemment que nous fassions part de nos émotions à nos proches. Lorsque tout va bien, nous partageons volontiers notre joie et lors de moments plus délicats, le simple fait de s'ouvrir à un confident nous soulage. Cependant, certaines émotions nous submergent régulièrement. Nous les subissons, quand elles nous empêchent d'avancer, sans pour autant parvenir à les surmonter. Il est alors temps d'envisager une thérapie, afin de remonter à la source et de se libérer une fois pour toutes de ce frein.

Le développement de la communication Internet facilite l'expression des sentiments sans grande prise de risque. C'est confortable, car, qu'ils soient bons ou mauvais, forts ou faibles, exposer ses sentiments face à un auditoire est source d'enjeux importants.

Définition des sentiments

Les sentiments sont des pensées chargées d'émotions que l'on appelle ressentis. Par le jeu des hormones, ils produisent un effet physiologique euphorisant ou déprimant. Ils rendent dépendant.

Les sentiments déterminent le monde relationnel sans lequel l'on ne peut exister, c'est dire l'importance de les connaître. Les sentiments ne sont pas définitifs : ils évoluent au fur et à mesure de nos expérience de vie ( la dépression ou la rancoeur peuvent alterner avec la joie de vivre) et l'on peut agir sur eux, grâce à leur aspect dynamique.

Nous générons alors des sentiments complexes et opposés : admiration / humiliation, envie / honte, orgueil / culpabilité.

Nous élaborons des stratégies pour manier nos ressentis suivant les moments de notre vie et les mettons en mots : « j'ai de l'estime pour toi », « il est lâche », « tu me détestes », « je souffre », « j'ai honte », « tu m'attires », « c'est l'homme de ma vie », ect.

Un sentiment est donc un message transmis et reçu, même si le destinataire n'est que soi-même :

Nous communiquons dans le monde à travers le filtre de nos sentiments selon plusieurs formules :

. expression directe et claire, ou de manière impertinente, pour atteindre un objectif ou suivre un besoin ;

. expression indirecte et subtile par timidité ou pour rechercher un effet ;

. déni, dissimulation, manipulation, travestissement des sentiments.

Pourquoi apprendre à exprimer vos sentiments ?

Fabriquer et vivre attaché à vos sentiments vous rend affectivement dépendant. Apprendre à les exprimer est donc une étapes obligée si vous ne voulez pas qu'ils vous dominent et souhaitez devenir serein.

Vouloir apprendre à exprimer ses sentiments répond souvent à une nécessité :

. s'adapter à un contexte particulier ;

. être enfin soi-même et s'affirmer ;

. sauver une relation, répondre à une demande, diriger dans le monde professionnel, atteindre un but ;

. rétablir sa santé.

. Ne pas savoir comment les exprimer nous rend confus et nerveux. On peut devenir agressif ou fuyant.

Exprimer ses sentiments à bon escient permet de s'intégrer à un groupe, à une société, suivant différentes valeurs socio-éducatives.

Les émotions corrélées aux sentiments ignorés sont «  enterrées vivantes » :

. Elles deviennent psychogènes et demandent à s'extérioriser.

. Elles provoquent anxiété et angoisse.

. Elles sont donc délétères et finissent par altérer votre santé.

A noter : face à la difficulté d'exprimer leurs sentiments, certains pratiquent le déni pour éviter tout risque et inconvénient ; ils les ignorent ou les font endosser par un autre, surtout s'il s'agit de mauvais sentiments. Il ne s'agit là que d'une stratégie pour se protéger.

Faites un travail sur vous pour renforcer votre faculté à exprimer vos sentiments.

La confiance en soi

Rappelez-vous que l'expression, juste et saine des sentiments est facilitée si vous avez une base de confiance en vous construite dès l'enfance. Cependant, vous pouvez également construire cette confiance en vous par vous même.

L'affirmation de soi

Cette faculté est difficile à acquérir si vous êtes d'un naturel introverti, doux, timide, peu agressif et si, en plus, vous connaissez pas de talents et vos valeurs, que vous allez également de voir découvrir.

Le travail à faire est différent suivant votre tempérament inné :

. Extraverti : vous exprimez facilement vos sentiments assortis de leurs émotions, bonnes ou mauvaises. C'est dans la vie sociale que vous rencontrez des limites : s'exprimer à tort et à travers génère des conflits ; vous perdez plus que ce que vous ne gagnez.

. Introverti : vous vous laissez déborder intérieurement et réagissez d'une manière maladroite. Vous tendez à devenir une personnalité fuyante, difficilement interprétable, voire même opaque.

La connaissance de soi

Connaître vos sentiments est la condition sine qua non pour savoir comment les exprimer et pour décoder ceux d'autrui.

Savoir exprimer ses sentiments est une habileté sociale et une source d'équilibre qui aide à ne pas passer à côté des vraies opportunités, à rester concentré sur ses objectifs et à moins se tromper.

Les équipes Renaissance de l'Ouest se retrouveront les 22 et 23 juin 2019 chez les Bénédictines de Bayeux pour une récollection régionale.

Le programme est en cours de préparation. En voici les grandes lignes afin de vous inciter à vous inscrire !

Il comportera des temps d'enseignement sur le thème de l'Eucharistie et des temps de visite (visite guidée de la cathédrale et de la salle du chapitre).

Le dimanche après-midi, pour celles qui n'habitent pas trop loin et ne sont pas pressées de reprendre la route, il vous sera proposé une visite de la tapisserie de Bayeux.

La colère, ça s'apprend !

Je ne sais pas manifester mes sentiments.

Pendant le divorce, je ne me souviens pas vraiment de colère. Je dois faire un effort pour me souvenir. La colère était certainement là, comment faire autrement ? J'étais fâché, je lui en voulais, je m'en voulais aussi. Mais était-ce de la colère? En tout cas, cette colère ne s'extériorisait pas beaucoup, je ne me souviens ni de vaisselle cassée ni de cris. Je n'ai jamais dit, ni même reconnu, être en colère. En revanche, j'ai beaucoup écrit à mon avocat qui, le pauvre, n'y pouvait rien. Ce n'est qu'après trois ou quatre ans que j'ai renoué avec la pratique catholique, que je suis retourné à l'église et ai participé à des groupes de prières ou des groupes de paroles. Ces groupes m'ont certainement aidé à retrouver un peu de sérénité.

Où sont passées toutes mes contrariétés?

Pendant les 26 ans de mariage, je ne me souviens pas non plus m'être mis en colère contre mon conjoint. Comment ai-je fait pour tout accepter, que ça me plaise ou non? Où passaient toutes mes contrariétés? Avais-je même conscience d'être contrarié? Ou bien essayais-je de me persuader que j'étais heureux, que tout allait très bien? Quand j'y réfléchis, c'est d'ailleurs assez amusant, parce que mon conjoint ne cessait de me dire que " ça n'allait pas" , qu' " il fallait que ça change" , sans que je comprenne, d'ailleurs jamais, ce dont il s'agissait. Ce dialogue de sourds était si répétitif qu'il aurait dû m'alerter et m'obliger à regarder en face ce qui devenait un comportement névrotique.

Lorsque j'étais enfant, j'ai certainement fait des colères, comme tous les enfants. Et puis on m'a certainement expliqué qu'il ne fallait pas se mettre en colère. Et comme j'étais un bon garçon, j'ai certainement cessé de me mettre en colère. Mais m'a-t-on seulement expliqué comment exprimer mon désaccord ou mon insatisfaction d'une façon acceptable pour la société? Probablement pas, ou alors je n'ai pas bien compris.

La colère, ça s'apprend. La colère, c'est de l'énergie. La colère, c'est nécessaire.Celui qui sait la maîtriser, comme Monsieur Pasquier(1), alors le monde est à lui. Ce n'était juste probablement pas mon cas.

(1) Monsieur Pasquier: " Papa se mit à sourire, son calme devint effrayant et nous comprîmes tous qu'il était parti, sans retour, pour une colère majuscule, une colère telle qu'un homme n'en fait pas trois d'aussi belles dans sa vie."Chronique des Pasquier ( 1933-1945) de Georges Duhamel.

Hervé

au presbytère ND du Voeu 32 rue du président Loubet à Cherbourg-en-Cotentin

le thème sera : le chemin du pardon

Un petit rappel:

L'assemblée générale de Renaissance aura lieu les samedi 27 et dimanche 28 avril 2019 à la Maison d'accueil de la Basilique du Sacré Coeur de Montmartre.
La date limite d'inscription était fixée au 28 février 2019.

Pour celles qui ne se sont pas encore inscrites, il est encore temps de le faire !!!
Mais ne tardez pas trop !

Les inscriptions sont à envoyer à la trésorière nationale par courrier :
Brigitte Enguerrand
56 avenue Jacques Chastellain
Ile Lacroix
76100 Rouen

Si vous avez égaré le bulletin d'inscription ou le programme de l'AG, vous pouvez les redemander par mél
à : brigitte.enguerrand@free.fr (trésorière nationale)
ou
à : isabelle.bigot7@wanadoo.fr (secrétaire nationale)

Pour télécharger le bulletin inscription:

  • bulletin inscription
  • La solitude est sans doute l'une des plus grandes angoisses de notre culture post-moderne. Et pourtant, l'expérience mystique et religieuse ne cesse d'en faire l'éloge. "Bienheureuse solitude, seule béatitude! " ,clamait au XIe siècle saint Bernard de Clairvaux.

    De fait, " il ne faut pas confondre solitude et isolement", prévient Gilles Baudry, moine et poète breton, pour qui l'isolement est à la solitude" ce que le mutisme est au silence". "Lorsque votre voisin, dans le train, a des écouteurs sur les oreilles, vous n'existez pas pour lui. Cette solitude est synonyme de vide. En réalité, il s'agit de l'isolement : être muré en soi. Ainsi, aujourd'hui, on se côtoie beaucoup, mais l'on se rencontre peu."

    En revanche, souligne-t-il, "solitude et présence à autrui ne s'excluent pas dans la vie chrétienne". Bien au contraire, la solitude serait la condition même d'une vraie relation aux autres. Étrange paradoxe dont Gille baudry fait l'expérience chaque jour dans son abbaye bénédictine de Landevennec. " Lorsque nous voulons accueillir des visiteurs, il nous faut être recueillis, disponibles intérieurement. Notre qualité d'écoute en dépend. Elle se cultive dans la solitude, dans le silence intérieur." Une intériorité qui se fait disponibilité pour la rencontre et espace de la vie commune. Saint Grégoire parlant de Saint benoît, fondateur de la vie monastique en Europe, disait qu'il "habitait avec lui- même". "Au monastère, confirme le frère Gilles, nous sommes tout à la fois ensemble et seuls. Nous ne pourrions pas vivre avec nos frères si nous ne nous appartenions pas d'abord, nous mêmes."

    Ainsi en va-t-il en amour : si le couple n'était que le moyen d'esquiver une incapacité foncière à être seul, pourrait-on parler encore d'amour ? Le conjoint ou l'ami ne serait là que pour combler vides et manques. " L'autre (Dieu, autrui) ne peut se donner que si le cœur s'est préparé, dilaté en quelque sorte à l'accueillir", appuie Xavier Lacroix dans son livre "Les mirages de L'amour".Pour le philosophe, " une relation d'amour digne de ce nom suppose que chacun des sujets ait une expérience propre, une colonne vertébrale, une personnalité". Sans cela, " cette solitude qu'il fuit en s'engouffrant dans l'autre, il la retrouvera, mais beaucoup plus amère encore",prévient-il. Ce thème, Rainer Maria Rilke l'a longuement développé dans ses lettres à jeune poète,où il encourage à cultiver un "temps de clôture": " Ainsi pour celui qui aime, l'amour n'est-il longtemps, et jusqu'au large de la vie, que solitude, solitude toujours plus intense et plus profonde. L'amour, ce n'est pas d'abord se donner, s'unir à un autre. (Que serait l'union de deux êtres encore imprécis, inachevés,
    dépendants?) L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'amour de l'être aimé."

    En ce sens, la solitude n’apparaît plus tant comme un mal-être à fuir que comme la découverte et l'apprivoisement de ce qui nous constitue, de ce qui structure notre identité. "Etre sujet, c'est être séparé", écrit Xavier Lacroix. La solitude est ainsi ce lieu incommunicable, qui est la marque de notre caractère unique. Elle est le lieu où peut surgir " l' appel de l'intériorité la plus profonde", ajoute le philosophe: " Ces liens dans lesquels je m'apprête à m'engager vont-ils dans le sens de ma liberté? Quelle est ma vocation la plus personnelle?... Entendra-t-il ces questions, ces paroles silencieuses, cette voix, celui qui vit toujours accroché à autrui, en tandem, en situation de dépendance?"

    Que l'on soit dans un monastère ou en plein monde, il s'agit dès lors d'un équilibre à trouver entre ouverture et clôture. A Landevennec, Gilles Baudry accueille de nombreux visiteurs désireux de vivre une retraite pour mieux retourner au monde par la suite. Le bénédictin parle d'une " retirance":" comme la mer qui se retire pour mieux revenir peu-être... Lorsque la mer se retire, c'est là qu'on peut pêcher", ajoute-t-il, insistant sur la "fécondité de la solitude"... Expérience féconde, la solitude n'est jamais radicale: ce n'est pas "une solitude de haute mer, poursuit le frère Gilles, mais une solitude communiante, ouverte". Le solitaire, s'il n'est pas croyant, peu être intérieurement en lien avec des amis ou des parents éloignés. Le croyant, lui, découvre sa solitude habitée par Dieu. Assistante sociale dans la banlieue ouvrière rouge d'Ivry-sur-Seine, poétesse et mystique, Madeleine Deibrêl(1904-1964) affirmait : " La vraie solitude, ce n'est pas l'absence des autres, mais la présence de Dieu."

    HOYEAU Céline

     LA SOLITUDE.

    J'ai été mariée pendant dix huit ans. Nous nous sommes connus jeunes, et avons donc découvert ensemble beaucoup de choses de la vie. Nous avons eu trois enfants. J'ai eu du mal à avoir le dernier, et deux jours près avoir fêté ses deux ans, mon mari a laissé une lettre me disant que nous n'étions pas faits l'un pour l'autre. Il est vrai que nos relations n'étaient pas toujours faciles : j'avais un travail à fortes responsabilités à quarante kilomètres de la maison et trois enfants; lui était maire, donc très dispersé.
    Cela retentissait sur notre vie de couple.

    MA VIE C'EST ÉCROULÉE

    Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. J'avais trente-sept ans, trois enfants à élever (douze ans, dix ans, deux ans). Je me sentais très seule avec d'énormes responsabilités, ne pouvant plus dialoguer avec mon mari, devant faire le père et la mère au quotidien. Mes enfants étaient perturbés. Après avoir vu son père me critiquer, ma fille, en rébellion quasi permanente, répétait les mêmes mots que lui; je crois qu'elle m’en voulait de ne pas avoir su garder son père. Son frère ne disait rien, mais j'ai fini par comprendre que c'était pire. Le petit était le moins perturbé, mais à deux ans il demandait beaucoup d'attentions et de soins.

    J'ai connu une grande détresse. Plusieurs fois, j'ai eu envie de lâcher le volant de ma voiture dans un virage;mais j'ai pensé à mes enfants, et à Dieu, et je ne me suis pas sentie "autorisée" à faire ce geste.

    Je suis souvent allée me recueillir et prier dans une église, où je me sentais en paix, mais j'y étais seule et sans aide aucune. Ma famille était à l'autre bout de la France.Beaucoup de gens avaient de la compassion pour moi mais restaient à distance. Il était maire! Et il avait réussi à me donner une image trop négative de moi-même pour que j'ose demander de l'aide. J'avais totalement perdu confiance en moi.
    J'ai fait une dépression profonde, qu'il a fallu soigner.

    Dans toute épreuve, il y a des choses positives. J'ai pris conscience que j'avais été trop dépendante de mon mari, et qu'il s'était autorisé à me dévaloriser très fréquemment, en particulier devant les enfants.
    J'ai découvert que j'étais capable d'agir seule, de nouer des relations. J'ai connu plusieurs personnes vivant une situation similaire à la mienne; nous nous sommes entraidées, et cela a beaucoup contribué à nous reconstruire.
    Je me suis rendu compte que j'avais consacré ma vie à ma famille et à mon travail (trop ?),et que j'avais complètement oublié de penser à moi. Pendant que mes enfants allaient chez leur père, je me suis autorisée à vivre pour moi, à faire ce que j'avais envie de faire. Les moments les plus forts ont été les moments d'amitié et de partage avec autrui.
    Bien qu'ayant été gravement malade et handicapée physiquement, j'ai appris à goûter les moments agréables, avec un regard neuf sur la vie.

    J'ai eu envie d'une relation à deux, même si j'en avais peur. J'avais besoin de partager l'intimité de quelqu'un. J'ai eu la chance de rencontrer un homme qui m'apporte beaucoup. Lui-même avait vécu un échec de couple. L'épreuve nous avait mûris, obligés à relativiser beaucoup de choses, conduits à nous accepter tels que nous sommes avec nos forces et faiblesses. Une relation, plus adulte, s'est construite petit à petit, dans le dialogue.

    Elisabeth. Janvier 2005

    PRIÈRE DES PARENTS.

    Mon Dieu, voici mes enfants, ils viennent de vous.Ils sont vos enfants et vous les aimez encore plus que moi. Qu'ils sentent la main de votre amour sur leurs épaules et la douceur de votre présence à leur coté.

    Guidez-les pour qu'ils vivent pleinement l'aventure que vous souhaitez pour eux, non pas ce que moi,je rêve pour eux.

    Délivrez-les du mal. Protégez-les de l’égoïsme, de la suffisance,du découragement. Apprenez-leur à se connaitre et à s’épanouir avec la personnalité que vous leur avez donnée.Qu'ils se servent de leur qualités et de leur richesses pour bâtir un monde plus juste et plus fraternel.

    Et quand à moi, Seigneur, aidez-moi à les aimer comme ils sont, à être ferme lorsque je le dois.

    Donnez-moi la patience lorsqu'ils cherchent à se comprendre, et surtout quand le front haut, ils questionnent les principes des valeurs qui m'ont fait vivre. Aidez-moi à le respecter lorsqu'ils veulent répondre à ce que vous leur adressez au plus profond de leur être.

    Que votre sagesse me console et me rassure et que votre providence les conseille.

    Enfin, lorsque mon travail de parent est fini, quand ils sont formés et éduqués et qu'ils volent de leurs propres ailes, accompagnez-les.

    Et faites qu'alors je me tourne vers vous, le cœur en paix, avec la joie de comprendre un peu mieux votre manière de faire et de nous aimer.

    G. Loiselle.
    Merci à Anne pour cette prière.

    TOUJOURS TRAUMATISANT, LE DIVORCE FAIT POURTANT MÛRIR LES ENFANTS.

    Personne ne recherche les épreuves dans la vie, sauf s'il souffre d'une pathologie psychique. Les enfants encore moins que les autres. Ils nourrissent leur force vitale de la joie et de la sécurité qui les entourent. Un deuil proche, un déménagement, un divorce leur font l'effet d'une tornade.Ces événements mettent à mal leur univers et les fragilisent. En tant que parents, nous aimerions les en préserver. En même temps, c'est à travers les difficultés vécues avec eux que nous forgeons la capacité à rebondir dans la vie, à assumer leur lot d'épreuves. Ne banalisons pas les effets d'un divorce, c'est toujours un traumatisme, mais ne le diabolisons pas non plus. Il est souvent l'aboutissement de beaucoup de souffrances, une décision prise quand on sent ses limites de résistance atteintes.

    TRANSFORMER EN UN OUTIL DE VIE

    Il est un choc profond pour les enfants, mais il peut être transformé en un outil de vie. Voici quelques exemples pris dans ma pratique clinique :
    "Depuis que papa et maman ne sont plus ensemble, je vois papa et je discute avec lui; c'est hyper chouette. Avant, il rentrait toujours fatigué et c'est maman qui me parlait. Elle disait " nous avons décidé, nous pensons.Maintenant chacun dit "je". Je vois bien quand ils ne sont pas d'accord. Moi, j'aime mieux, au moins je sais ce que chacun pense !" Jérémie a neuf ans. Quand les parents acceptent de discuter avec leurs enfants sans les prendre à partie, ils leur permettent d'acquérir beaucoup de maturité et de réflexion. Ils accèdent aux difficultés du monde adulte, apprennent à réfléchir."Ma mère, elle est partie avec son cousin. C'est pas bien, oui mais mon père, il était jamais là, alors moi je comprends". Julie, huit ans, ne veut pas juger, juste comprendre les bons repères : ne plus être seule, ou rester fidèle?

    LE DIVORCE OBLIGE L'ENFANT A INVESTIR AUTREMENT SES PÔLES AFFECTIFS.

    L'école, les loisirs, les animaux vont prendre une place centrale, ouvrant ses centres d’intérêt.Etre vigilant à ne pas rajouter un déménagement à ce moment-là, à privilégier ses amitiés l'aide à se créer un univers à lui, essentiel pour sa reconstruction à lui. "Moi je ne sors plus. Depuis que mon père est parti, je sais que ma mère pleure tous les soirs, alors, je reste. "Guillaume a treize ans. Se replier, servir d'étayage à ses parents sont des comportements négatifs. A l'adulte de faire attention à ne pas se reposer sur son fils ou sa fille.

    Les styles de vie, les règles vont se modifier ou se multiplier selon les alliances. Les enfants aiment voir les différences. Ils comparent, font leur choix. Cela montre que plusieurs modes de vie sont possibles. Par contre, attention aux injustices entre enfants et beaux enfants, elles ne sont jamais constructives.

    Même au milieu d'une grande souffrance, les parents ne doivent jamais oublier qu'ils sont au service de leur enfants. Ces derniers ne sont qu'ouverture et bienveillance pour leurs deux parents. Aux adultes de ne pas gâcher cela. Alors, les enfants seront un chemin de vie, de ressourcement pour leurs aînés, tant leur capacité à vivre le meilleur est géniale.

    Genevièvre de Taisne, psychanalyste, thérapeute d'adultes et d'enfants. Octobre 2004

    Je vais prendre le temps....

        Je vais prendre le temps de laisser poser mon regard sur les choses de tous les jours et de voir autrement, celles que chaque matin je croise sans les voir. Toutes ces choses familières que je côtoie à longueur de jour, de mois, d'année....

        Je vais prendre le temps de voir l'étrangeté des arbres, ceux de mon jardin, ceux du parc voisin qui, le crépuscule venu bruissent de mystère...

        Je vais prendre le temps de laisser poser mon regard sur les êtres que j'aime, et de regarder autrement les miens, celles et ceux qui me sont les plus proches et que parfois je ne vois même plus, je n'entends même plus tant le souci de mes affaires, de mon travail parasitent mon cœur et mon corps....

        Oui, je vais prendre le temps de les découvrir de me laisser surprendre encore et toujours par ceux que j'aime....

        Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi toi mon Dieu, au-delà des mots, des formules et des habitudes; Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert, et tu me surprendras mon Dieu... Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer autrement.

    F.RIDER