Relisons, méditons, apprenons par coeur ce texte magnifique de Paul (1 co 13, 1-8)

Sans l’amour nous ne sommes rien, nous sommes faits pour aimer. Et cela reste vrai lorqu’on a été très blessé(e).
Nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1,26) qui est un Dieu d’amour et de relation intense netre le Père, le Fils et l’Esprit. Nous sommes donc des êtres de relation et d’amour.
Mais l’amour humain a des formes diverses et différentes. Après les blessures du divorce ou du deuil, on peut aimer autrement parce que quelles que soient les circonstances, notre capacité à aimer reste immense. Certains choisissent la fidélité au sacrement de mariage, d’autres s’engagent vers une nouvelle union. Dieu respecte tous nos choix.

Mais le choix essentiel qui doit orienter toute notre vie, c’est le choix de la vie (relire ce beau texte Dt 30 « Choisi donc la vie ! »). Certains de nos choix nous mènent à des impasses qui ne nous construisent pas. Certaines personnes se complaisent dans leurs souffrances.

Choisir la vie, c’est inventer sa vie à travers des sentiers parfois nouveaux et inconnus, parfois plus abrupts, qui paraissent difficiles.

La vie est un cadeau gratuit : vivre c’est partager ce cadeau. Le garder pour soi seul c’est mourir.

Méditation biblique : (Jn 4, 5-30) Jésus rencontre la Samaritaine.
La première parole de jésus à cette femme « Donne moi à boire » c’est-à-dire comme sur la croix « J’ai soif ».
Face à cette soif qui lui est exprimée, la femme met des obstacles. Le 1er obstacle est social, en raison de l’opposition entre les Juifs et les Samaritains et de la barrière culturelle entre les hommes et les femmes. Le second obstacle est matériel : Jésus n’a rien pour puiser de l’eau (4,11). Le 3ème obstacle est moral : cette femme n’a pas de mari. Jésus révèle à la samaritaine la grande soif d’amour qu’elle n’a jamais réussi à apaiser. La vraie soif c’est d’aimer et d’être aimé. Dieu, lui aussi, connaît cette quête incontournable. Il a soif de l’amour des hommes.
Ce passage de Jean intitulé « l’eau vive » souligne la soif réciproque de Dieu et des Hommes, cette soif inextinguible qui nous pousse sans cesse à aller chercher dans le plus profond de notre coeur la source de cet amour.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009

La Paix est un thème récurrent dans les Evangiles. Dès la naissance de Jésus (Lc 2,1-4) les Anges louent Dieu « Gloire à Dieu et Paix sur la terre aux hommes objets de sa complaisance ». La Paix aux hommes fait la gloire de Dieu. Après le divorce, comme après toutes les turbulences de la vie, s’impose le besoin de sérénité, d’apaisement, d’harmonie intérieure.

Trois pistes sont nécessaires pour avancer vers la Paix, qui n’efface pas les souffrances mais permet de les appréhender autrement.
- oser faire la vérité
- oser le pardon
- retrouver le chemin de la confiance

-1ère piste : oser faire la vérité « La vérité fera de vous des hommes libres » Jn 8,32

Oser rechercher la vérité c’est trouver des chemins de liberté. Face à la déstructuration du divorce, certain(e)s cachent, enfouissent la vérité sous un couvercle. D’autres s’étourdissent par trop d’activités.

Il faut oser regarder la vérité et oser traverser la mort du divorce pour retrouver la vie, lutter contre ce cancer qui ronge le coeur.
Ce chemin ne peut pas être parcouru seul(e) sinon on tourne en rond. Ne pas être seul, ce la veut dire qu’il faut trouver au moins une personne qui écoute, ou ce qui est mieux, un groupe de parole. Il faut ouvrir un espace de parole pour verbaliser son histoire.

Dans le récit des pèlerins d’Emmaüs (Lc 24,13-35), Jésus, très habilement, pose une question qui va déclencher leur parole. Ils expriment leur mal-être et Jésus les écoute.
Il faut que la souffrance sorte sinon elle étouffe. Parler fait prendre de la distance avec la souffrance. Parler c’est se raconter, laisser monter son émotion pour l’exprimer, dire sa colère, son désarroi, ses incompréhensions, sa rancoeur, ses avancées , ses découvertes.

Parler en groupe permet de se faire éclairer par l’histoire des autres, tout en sachant que personne n’a la solution à la place de l’autre. Lentement va se mettre en place un chemin de vérité. Et sur ce chemin, l’Église dévoile son trésor -la Parole de Dieu- qui s’adresse déjà aux malades, aux blessés, aux souffrants. Les foules suivaient Jésus parce que de lui émanait une puissance de guérison soutenue par la Parole.

La Parole de Dieu doit être au centre de ces groupes qui accompagnent les personnes en souffrance.

La Parole de Dieu nous questionne, nous met en mouvement, nous structure, déplace notre conscience, nous donne la force de Dieu pour nous relever.

Pour accompagner les personnes divorcées, il faut
- aller vers elles, les rejoindre comme Jésus avec les Pélerins d’Emmaüs, car souvent elles se cachent.
- les écouter
- avoir et donner le goût de la Parole de Dieu

La confiance et la vérité partagées dans ces groupes libèrent de ce qui ligote et empéche de vivre.

2ème piste : oser le pardon

Le Pardon est une question difficile : ce n’est pas une question de morale, c’est une question d’égoïsme. La pardon libère de cette histoire qui gangrène – le pardon c’est déjà pour moi !

La pardon doit venir de moi, sans attendre quelque chose de celui (celle) qui m’a blessé(e). Mais le aprdon n’est pas possible au début car il ne peut s’envisager que sur les chemins du deuil.

A vue humaine, le pardon peut être impossible. C’est pourquoi le christ invite à une prise de conscience
- le pardon, nous avons déjà à le recevoir pour nous. Ce sont les paraboles de « la paille et de la poutre » (Lc 6,39-42) et du débiteur impitoyable (Mt 18,23-38). Dans ces récits, Jésus nous dit « regarde toi et fixe le pardon que tu vas recevoir ».

Pour cheminer vers le pardon, il faut regarder Dieu, car le pardon est au coeur de Dieu qui, Lui, sait pardonner à l’infini (Mt 18,23 – pardonner 70 fois7 fois).
C’est la belle parabole du fils prodigue (Lc 15,11-32). Pour revivre, il faut pardonner mais en passant par la « petite porte » - confier l’autre à Dieu dans la prière et demander à Dieu de pardonner à notre place. Le pardon est un cadeau que l’on fait déjà à soir et c’est un cadeau que l’on attend longtemps.

3ème piste : retrouver le chemin de la confiance

Pour cela, il faut relire l’itinéraire de Pierre. Pierre a confiance ne Jésus mais encore plus en lui-même. Il se sent propriétaire de la destinée du Christ. Pierre dit à Jésus qu’Il est le Fils de Dieu (Mt 16,16) et Jésus le fait chef de son groupe (Mt 16,17-19) mais, à la première annonce de la Passion, Pierre s’oppose à Jésus : « Cela ne t’arrivera point » (Mt 16,22). Alors Jésus l’interpelle « Arrière Satan, tu me fais obstacle » (16,23).
Puis, au chapitre 26 de Matthieu, Pierre, toujours sûr de lui, assure que lui ne trahira jamais son maître (26,31-33 et 35) et c’est l’annonce de son reniement (v 34).
Effectivement, Pierre va fuir (26,56) et renier le Christ (26,69-75).
Mais Jésus va rétablir Pierre dans son rôle de chef de l’Église au bord du lac de Tibériade. Tois fois, il lui demande « m’aimes-tu ? » et trois fois il lui redonne la mission d’être le Pasteur de son troupeau (Jn 21,15-17).
Jésus fait confiance de nouveau à Pierre qui retrouve toute sa confiance en lui. Jusqu’au bout, il accomplira sa mission.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009

La culpabilité est un sentiment sournois, souvent lié à l’impression de porter une étiquette sur le front, une étiquette que les autres me donnent ou que je m’inflige à moi-même.

D’où vient la culpabilité ?
- elle peut venir de l’enfance quand elle est due à l’éducation reçue, à l’Église, à l’éducation religieuse (Pense aux autres, ne pense pas à toi!)
- elle peut venir de nos faiblesses, de nos manques de discernement. Elle est alors due à moi-même, si j’ai un regard négatif sur moi.

Il faut apprendre à se regarder comme Dieu nous regarde, avec beaucoup de douceur, de tendresse, de compréhension.

Qu’est-ce que la culpabilité ?

Elle a plusieurs formes :
- la culpabilité vis-à-vis de moi-même : elle provient de ce que je ne corresponds pas à l’image que je voudrais avoir ou que je veux donner de moi aux autres. La culpabilité est la distance entre ce que je suis et ce que je voudrais être. Si la distance n’est pas trop importante, elle aide à nous pousser vers l’avant et à nous dépasser. Si elle est trop grande, elle mène au refus de soi, à la dépréciation culpabilisante.
- la culpabilité face au mal qu’on a fait à l’autres, c’est la culpabilité extérieure
- la culpabilité indirecte concerne ce que je n’ai pas fait et aurais dû ou pu faire.

La difficulté est que ces trois formes de culpabilité se mêlent dans notre psychisme.

Méditation du passage Jn 8,3-11 La femme adultère
Cette femme est dans une situation de honte totale, maximale -prise en flagrant délit, elle est mise au centre du groupe mais personne ne lui parle : on parle d’elle mais on ne lui parle pas à elle.
Face à cette honte et cette culpabilité, Jésus dit « je ne te condamne pas ». Sa réponse, très habile aux hommes si prompts à juger, démontre que tous les humainssont du même côté : il n’y a pas les pécheurs d’un côté et les non pécheurs de l’autre – nous sommes tous des pécheurs, mais des pécheurs pardonnés.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009,

Le divorce est un séisme, même s’il se « passe bien ». C’est un séisme qui ébranle tout: rien, ni personne n’en sort indemne. Certaines choses sont détruites, d’autres restent très ébranlées, d’autres tiennent encore parce que les fondations étaient plus solides.

Ce séisme atteint
- l’organisation matérielle du couple et de la famille
- l’équilibre psychique et affectif, surtout la confiance en soi : « Il (elle) ne me regarde plus, je ne compte plus, je ne suis plus aimé(e), donc je ne suis plus aimable »
- l’équilibre relationnel : la plupart des amis, ne voulant pas prendre parti, fuient.
- l’équilibre spirituel : certaines personnes n’osent plus entrer dans une église.

Ce qui est le plus touché c’est l’identité de la personne : qui suis-je maintenant ? Quel sens à ma vie ? Pour qui dois-je encore vivre ?

Il y a un ressort de la vie qui est atteint, c’est la confiance en soi, en l’autre, en la vie, en l’avenir, en Dieu.

Sur le chemin de la reconstruction, il y a des « faux sentiers ».
- se replier totalement sur soi
- se laisser emporter par trop d’activités
- se remettre trop vite en couple

Le seul vrai sentier est certes difficile : il faut accepter de refaire consciemment le chemin de son malheur, accepter de poser un regard sur ce qui s’est passé, essayer d’analyser pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné.
Il faut regarder son histoire, laisser Dieu me regarder avec mon histoire, laisser l’autre me regarder avec mon histoire.

Les regards nous accompagnent toute notre vie. Certains regards font douter et peuvent détruire. D’autres construisent et font espérer : le regard affectueux des parents construit l’enfant ; le ragrd des parents, doux ou sévère, nous poursuit toute notre vie.
Et le regard de Dieu ? Certains le redoutent, d’autres y retrouvent vie.

Quel était le regard de Jésus-Christ sur les gens ?
Les quatre évangélistes insistent sur l’importance du regard de Jésus sur ceux qu’il rencontrait. Ce n’est jamais un regard de jugement, c’est un regard qui redonne vie.

Méditation de passage biblique (Lc13,10-17) : la femme courbée.

Cette femme n’est pas nommée. Elle symbolise l’humanité souffrante. Cette femme courbée ne pouvait regarder que ses pieds depuis 18 ans. Elle ne pouvait croiser aucun regard. Elle était sûrement noyée dans la foule des femmes venues à la synagogue et pourtant Jésus la voir. Jésus voit surtout ceux que les autres ne voient plus. Jésus traverse la foule, s’approche et la touche. Elle se redresse. Elle peut enfin croiser le regard des autres et son premier regard s’est posé sur Dieu.
Le chef de la synagogue ne « voit » que la Loi du Sabbat à respecter. Le regard de Jésus sur ses détracteurs les remplit de honte. Quant à la foule, en voyant ce signe, elle se réjouit.
Dans ce tout petit passage, le lecteur de la Bible se rend compte de l’importance des regards.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009,

Le 1er juillet 2017, les équipes Renaissance de l'Ouest se sont retrouvées à Honfleur devant la chapelle Notre-Dame de Grâces pour une rencontre amicale avant les congés d'été. Ambiance au beau fixe pour cette journée, malgré les nuages, et belle découverte de Notre-Dame de Grâces, magnifique petite chapelle qui abrite une très belle statue de la vierge à l'enfant.

L'histoire de Notre-Dame de Grâces est riche et mouvementée. Construite initialement en 1023 au bord d'une pente abrupte, la chapelle a été emportée dans un éboulement de terrain puis reconstruite plus en retrait, par sécurité. De nombreux ex-voto, notamment en forme de maquettes de bateaux, recouvrent les murs ou sont suspendus à la voute de cette chapelle. Ces ex-votos sont autant de témoignages de la Foi et des remerciements des familles de marins à Notre Dame de Grâces pour les avoir protégés des périls de la mer. La chapelle abrite également un bel orgue assez récent. A l'extérieur de la chapelle, un carillon composé de 23 cloches vient enchanter les oreilles des visiteurs.

Une petite route très pentue permet d'accéder facilement au centre ville de Honfleur et d'admirer l'église Sainte-Catherine, très originale, totalement construite en bois et abritant une très belle statue de la vierge.

Une des femmes de l'équipe Renaissance de Caen nous explique que son grand-père, menuisier-charpentier à Honfleur, a participé à la construction de l'église Sainte-Catherine.

A Montpellier, les fêtes de la Pentecôte ont été l’occasion d’une rencontre festive les 3 et 4 juin 2017. L’ensemble des mouvements d’Eglise ont été conviés par Mgr Carré, évêque du diocèse, à participer à ce week-end et à se faire mieux connaître. En début de matinée, un diaporama présentant de manière très vivante tous les mouvements du diocèse ayant répondu à l'invitation de leur évêque a été projeté. Le mouvement Renaissance avait répondu présent et fourni quelques diapositives donnant des informations sur ses spécificités et son mode de fonctionnement.

Le programme de « Pentecôte au Zénith » était bien rempli !!! Les ordinations et confirmations célébrées par Mgr Carré ont été suivies d'ateliers théâtre sur les 7 dons de l’Esprit-Saint. Les participants ont ensuite pu écouter un concert. la soirée s'est clôturée par un temps d’adoration.

Chantal Granier, responsable de l’équipe de Montpellier, avait invité les équipes d’Aix et de Toulon à cette rencontre et les a accueillies chaleureusement dans son gîte. Ce week-end fut pour les femmes de Renaissance, riche du plaisir de se retrouver et de partager un moment de convivialité.

Suite au diaporama projeté au Zénith, Chantal a reçu le soir même un message d’une personne intéressée. Il n’y a que nous pour parler de Renaissance. Nous savons que beaucoup de femmes attendent un soutien, un secours. Alors, n’hésitons pas à nous faire connaître, nous pouvons être la solution !!!

Régine Fermaut, présidente du mouvement Renaissance

8 femmes des équipes Renaissance de l'Ouest ont participé au stage de "Sensibilisation à l'écoute" organisé par le CLER AMour et Famille à la maison diocésaine de Caen les 4 et 5 juin 2016. Le stage comporte une partie théorique dans laquelle sont présentées les attitudes d'écoute selon les travaux de PORTER et la relation d'aide selon ROGERS. Une partie importante est consacrée à des exercices et des discussions. Ces deux journées très denses ont permis d'aller à la découverte des différentes façons d'écouter et chaque stagiaire a pu identifier ses propres façons d'écouter.

Pour aller plus loin, des lectures possibles :

« Le développement de la personne », Carl ROGERS, Inter-Editions (ouvrage de base)
« L’entretien de face à face dans la relation d’aide « , Roger Mucchielli, ESF (exercices avec auto-correction et théorie)
« Ecouter l’autre, tant de choses à dire « , Alfred Vanesse, Chroniques Sociales de Lyon
« Ecoute : attitudes et techniques » , Jena Artaud, Chroniques sociales de Lyon
« Vivre la communication », Colette Bizouard, Chroniques Sociales de Lyon
« L’écoute », Maurice Bellet, Ed Desclée de Brouwer (réflexions sur l’écoute)
Ecoute et spiritualité
« Un cœur qui écoute », Sœur Jeanne D’Arc, Desclée de Brouwer
« Ecouter qui parle », Olivier de Dinechin, Revue Cahiers pour croire aujourd’hui, n°125, page 31
« L’écoute, un travail intérieur », Hors Série n° 198 revue Christus (à commander 14 rue d’Assas, 75006 Paris)
« Mourir vivant et combattre la souffrance », Paul Roqueberg (Ecoute des malades en fin de vie, réflexion sur la souffrance spirituelle (Jésuite))
« Les mots sont des fenêtres », Marshall B Rosenberg, Ed La Découverte (communication non violente).

THEME : JESUS, THERAPEUTE INTERIEUR

1ère partie : La fragilité de Jésus et la nôtre.

1 – Tous fragiles, tous humains

La fragilité est au cœur de la société, dans le présent, le futur et cela nous appele à y être des veilleurs, dans un esprit de prière.
La fragilité est au cœur de l’église : cf « La chance d’un christianisme fragile », livre de Mgr Rouet
La fragilité fait partie de chacun de nous : notre corps nous révèle les traces des atteintes de la vie (dépressions, maladies).
La fragilité esst présente dans notre Foi personnelle, quand notre prière est sèche.
Comment devons-nous accueillir nos failles pour nous guider sur un chemin de vie, de paix ?

2 – La fragilité de la vie de Jésus

Né dans la précarité, soumis aux conditions humaines, enfant il lui faut quitter le pays pour fuir en Egypte. Adulte, Jésus est soumis à la faim, à la fatigue (besoin de se retrouver seul au calme), se sent parfois incompris par ses proches (Pourquoi ne comprenez-vous pas ?), le chemin vers la passion, sans cesse épié par les pharisiens, sensible aux exclus, petits, malades.
Jésus ressent au plus profond de lui-même la souffrance des autres (cf « Le royaume caché » Eloi Leclerc). Comme Jésus, Thérèse de Lisieux a été très atteinte par la souffrance autour d’elle. La vulnérabilité nous rend plus sensibles. Jésus a souffert de la trahison, des faux témoins. Il vit aussi l’angoisse (Mon âme est triste à en mourir), le poids de la solitude aux pires heures. Il révèle ainsi la petitesse et la fragilité de Dieu.

3 - Nos propres fragilités

Les conflits, blocages, ressentiments, envies de vengeance, jalousies….Nous sommes vulnérables, nous avons des blessures. Puis, se sentir méprisées….trahies…appelées à regarder sa vie avec lucidité pour grandir, accueillir notre histoire, pour devenir un baptisé.

4 - Accueillir l’hospitalité christique
Comment est définie la foi chrétienne : au plus intime de nous-mêmes se tient quelqu’un qui nous accueille de façon inconditionnelle. Jésus, l’hospitalier pour nous, chemin pour nous accueillir nous-mêmes, nous estimer, reconnaître nos dons. Habiter sa propre demeure est parfois un long labeur… alors il devient possible d’orienter le fil de sa vie.

Véronique Margron : « L’hospitalité requiert de la patience et d’être habité dans le temps ».
La question de l’hospitalité christique rejoint la pratique de l’oraison où il s’agit d’accueillir l’Esprit Saint comme hôte intérieur, consolateur, inspirateur divin.

Apprenons à accepter nos faiblesses. « La résilience n’est pas une recette de bonheur, c’est un modèle de bagarre… » cf Partage de mai 2013. Apprenons à croire à notre potentiel en toute humilité. Apprenons à goûter le plaisir de vivre à travers les événements qui nous dépouillent. Se décharger de nos soucis dans le Seigneur et se recharger par lui. Si mon humanité est blessée, je peux rejoindre les autres souffrants.

Poétesse Marie Noëlle : « Vous voilà mon Dieu, je n’ai rien à vous donner. J’étais trop lasse, trop triste…Donne, dis Dieu ! Désir de repos, détachement du bien faire… Donne, dit Dieu…des doutes… Donne, dit Dieu. Seigneur que ferez-vous de ces immondices ?... Le Royaume des Cieux. »

2ème partie : Jésus, celui qui guérit

1 - Jésus se met au niveau de ceux qui souffrent

Jésus , c’est le visage de l’humanité douloureuse.
Il va de préférence vers ceux qui ont le plus besoin d’être secourus.
Il offre ses soins divins pour nous guérir de l’intérieur. Le sacrement du pardon a une dimension de guérison. Il a une dimension exorciste, contre ce qui nous emprisonne. Nous avons en nous nos petits démons enfouis. Tout ce qui est mortifère, nous éloigne de la confiance… provient de ces démons.

2 - Jésus rend à l’homme son intégrité

Cf L’histoire de Bartimée.
L’aveugle de Jéricho ; « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » « Que je voie ».

3 - Jésus s’adapte à chacun

Prise en charge de toute la personne de façon pédagogique, personnalisée.
Jésus prend à part un sourd muet pour lui prescrire un traitement spécial (boue sur les yeux)…
Comment vivons-nous nous-mêmes l’approche des souffrants ? Quelle délicatesse ? Jésus discerne en homme libre, décide de son action en toute liberté (guérisons le jour de sabbat).
Jésus est souvent « pris aux entrailles », pris de compassion : « Je ne suis pas venu pour juger le monde mais pour qu’il soit sauvé ».

4 - Jésus attend de nous la Foi

Il nous faut nous demander dans combien de situations Dieu est absent de nos réactions, de nos interventions. La faiblesse, la maladie, appellent la tendresse. Remettre debout, rendre droit, telle est la volonté des actes de Jésus. Jésus vient au secours de notre manque de Foi . Jésus vient guérir le cœur de l’homme blessé, pour l’amener à réaliser sa magnifique vocation. Nous avons à reconnaître notre mal dans la confiance, la simplicité du cœur.

5 - Jésus nous guérit par les sacrements.

Avoir en soi le désir d’être guéri…est-ce si simple ? Nous avons des choses à lâcher pour cela. Implorons donc cette guérison pour « devenir capables de laisser aller ce qui nous a fait mal » ? (Lytha Basset). Jésus nous fait déposer ce qui est trop lourd, lâcher prise, se reposer pour se disposer à répondre au désir de Dieu, avec confiance persévérante.
Jésus nous guérit par la communion. Cf Nicolas Cabasilas « l’intimité du Seigneur Jésus avec nous est plus profonde que ce que nous pouvons imaginer. …Quand je communie au corps et au sang du Christ, je deviens consanguin avec lui ».

Intervenant : Frère BRUNO, aumônier de l’équipe Renaissance du Calvados
Recollection des équipes RENAISSANCE de l’OUEST, 14 et 15 septembre 2013, au Sanctuaire de Pontmain.

Accueil et introduction de Mgr BOULANGER lors de la journée du 15/11/2014 autour des personnes touchées par la séparation ou le divorce.

En introduction, Mgr Boulanger commence par évoquer son expérience d’aumônier Renaissance dans le diocèse d’Arras. Ecouter les femmes, vivant l’épreuve du divorce l’a beaucoup marqué. Certaines voulaient cheminer dans la foi. Certaines éprouvaient une culpabilité, elles avaient besoin de cheminer humainement. Il est important d’accueillir toutes personnes ayant connu l’échec conjugal. Ce cheminement demande de la patience. Il explique que l’expérience de ces femmes l’ont renvoyé au Christ sur la Croix : « voici l’Homme.. » , voici l’humanité blessée.. à travers tous ces couples blessés. L’amour est fragile, quand il est blessé, c’est le cœur du Christ qui est blessé, c’est de là que jaillit la grâce. La grâce transfigure notre pauvre amour humain.

Mgr Boulanger rappelle ensuite que la souffrance de la séparation et du divorce ont de multiples échos dans la poésie, dans les textes de Ste Thérèse, dans l’Evangile.
- Aragon : « j’ai appris à aimer.. »
- Ste Thérèse : « plus j’aime Jésus, plus j’aime mes sœurs du Carmel. ».
- Les noces de Cana : A Cana, il manque de vin, Marie dit « ils ont tellement besoin de toi.. »

Mgr Boulanger évoque enfin les thèmes de la blessure, du salut et du pardon. Si la blessure nous ouvre à Dieu, si elle devient une cicatrice, Dieu est là. C’est du côté blessé que vient le chemin de réconciliation. S’il manque la réconciliation, la blessure s’infecte. Il faut se battre contre la tentation de l’enfermement, du repli sur soi-même. La souffrance psychique est plus douloureuse que la souffrance physique. les pulsions de mort nous habitent. Notre monde a besoin de salut. Nous ne sommes pas parfaitement équilibré. Nous avons besoin d’être sauvé. La sagesse, le salut, c’est différent. Le pardon est au-delà de ce ressenti.. La première grâce reçue, c’est la réconciliation avec soi-même, qui permet de changer l’ivraie en bon grain. Dieu voit une part de bonne terre en nous, afin d’être en capacité de recevoir sa grâce.