Accueil et introduction de Mgr BOULANGER lors de la journée du 15/11/2014 autour des personnes touchées par la séparation ou le divorce.

En introduction, Mgr Boulanger commence par évoquer son expérience d’aumônier Renaissance dans le diocèse d’Arras. Ecouter les femmes, vivant l’épreuve du divorce l’a beaucoup marqué. Certaines voulaient cheminer dans la foi. Certaines éprouvaient une culpabilité, elles avaient besoin de cheminer humainement. Il est important d’accueillir toutes personnes ayant connu l’échec conjugal. Ce cheminement demande de la patience. Il explique que l’expérience de ces femmes l’ont renvoyé au Christ sur la Croix : « voici l’Homme.. » , voici l’humanité blessée.. à travers tous ces couples blessés. L’amour est fragile, quand il est blessé, c’est le cœur du Christ qui est blessé, c’est de là que jaillit la grâce. La grâce transfigure notre pauvre amour humain.

Mgr Boulanger rappelle ensuite que la souffrance de la séparation et du divorce ont de multiples échos dans la poésie, dans les textes de Ste Thérèse, dans l’Evangile.
- Aragon : « j’ai appris à aimer.. »
- Ste Thérèse : « plus j’aime Jésus, plus j’aime mes sœurs du Carmel. ».
- Les noces de Cana : A Cana, il manque de vin, Marie dit « ils ont tellement besoin de toi.. »

Mgr Boulanger évoque enfin les thèmes de la blessure, du salut et du pardon. Si la blessure nous ouvre à Dieu, si elle devient une cicatrice, Dieu est là. C’est du côté blessé que vient le chemin de réconciliation. S’il manque la réconciliation, la blessure s’infecte. Il faut se battre contre la tentation de l’enfermement, du repli sur soi-même. La souffrance psychique est plus douloureuse que la souffrance physique. les pulsions de mort nous habitent. Notre monde a besoin de salut. Nous ne sommes pas parfaitement équilibré. Nous avons besoin d’être sauvé. La sagesse, le salut, c’est différent. Le pardon est au-delà de ce ressenti.. La première grâce reçue, c’est la réconciliation avec soi-même, qui permet de changer l’ivraie en bon grain. Dieu voit une part de bonne terre en nous, afin d’être en capacité de recevoir sa grâce.

1ère intervention : L’échec traversé

Deux préalables sur le sens de l’échec :

- sens de la réflexion éthique, morale : pouvoir affronter des dilemmes. La cohérence d’une vie n’est pas une ligne droite, elle se construit. On peut faire du sens, donner une cohérence à sa vie. Cette cohérence n’est jamais donnée d’avance.
La réflexion éthique c’est ce qui est « com-posssible » , c’est mettre ensemble des possibles qui a priori ne sont pas ensemble, c’est dessiner un chemin de possibles à travers des lignes difficiles, un chemin de crête.

- sens de l’engagement. Etre capable de s’engager, de faire confiance à l’autre, croire que l’on peut orienter son existence. Comment un second engagement peut il être porteur d’espérance pour nous, pour le corps social, pour le corps écclésial ?

1 Echec, au sens éthymologique
- échec = rupture par rapport à une situation souhaitée, mésaventure, dommage, effondrement intime intérieur.
- échec = résulat d’un combat avec une force extérieure, d’une circonstance qui ne vient pas de nous
L’échec fait partie de la vie, il nous rend vivant, humain.

2 La réussite
- est liée à l’efficacité dans notre société. C’est la capacité à être entrepreneur de sa propre vie. Or l’humain doit composer avec l’incertitude. L’échec introduit un sentiment de dépréciation et amène un sentiment de culpabilité, de mésestime de soi qui rend plus difficile la reconstruction de soi.

3 Le changement
Pour se reconstruire, l’humain doit s’adapter, s’ajuster au changement, à l’intérieur du couple, en soi même. Comment s’adapter ? s’ajuster ? c’est une question de fonds pour la vie des couples. Quel est l’appui sur lequel se reposer pour consentir au changement ?Il faut un lieu de stabilité pour traverser le changement.

4 Qu’espérer apprendre de l’échec ?
- l’échec fait partie de la condition humaine. On peut espérer devenir plus humain, plus vivant à travers l’échec. On peut se rendre compte que nos constructions fantasmatiques nous empéchent de regarder nos limites, de déterminer quels sont nos possibles à nous. On peut quitter suffisamment l’imaginaire pour investir le réel. L’échec peut participer à nous rendre plus libre, à mieux vivre avec soi-même, à surmonter les empêtrements.
- l’échec nous apprend que nous avons besoin des autres pour se relever et reprendre goût à l’existence.

Il existe 3 niveaux dans les besoins fondamentaux de l’être humain :
Les besoins amicaux, amoureux (lieux des grandes joies et des grands chagrins)
La vie sociale
Ce qui donne sens à l’existence : la Foi pour les chrétiens, le travail pour d’autres
L’échec peut intervenir sur chacune de ces 3 sphères. Elles sont reliées les unes aux autres. En cas d’échec dans une de ces sphères, nous sommes fragilisés sur les deux autres.
Il convient de donner du corps à chacune de ces dimensions de notre existence. Les chrétiens ont la chance de croire que Dieu les accompagne dans chacune des dimensions de leur existence.

Pour terminer, une prière du 12ème siècle : « Oh Dieu, éloigne de moi l’idée que je peux tout ».

2ème intervention « Se reconstruire avec l’Eglise »
ou « Comment dessiner un chemin d‘espérance ? »

Comment reconstruire un chemin d’espérance ? quelle espérance nous est possible compte-tenu de ce que nous avons vécu ?

1 les figures de l’échec dans les textes fondateurs de la religion chrétienne

Le livre de JOB : idée communément admise que la souffrance qui nous est donnée à vivre est dûe au fait d’avoir péché. C’est l’attitude de l’entourage de Job. Lui se révolte contre cette idée scandaleuse et il dit sa révolte à Dieu. Le livre de Job est une longue plainte. Quand Dieu lui répond, il lui parle de la CREATION. Dieu donne à profusion la Création et ne répond pas aux questions de Job. A la fin du livre, Job est devenu un homme LIBRE qui a rencontré un Dieu LIBRE. C’est cette longue traversée de l’échec qui rend Job libre.

Le Christ en croix : la religion chrétienne illustre que l’échec peut conduire à une victoire, une Renaissance. Le Christ a vécu l’échec de la mort sur la Crois puis de la résurrection. Le Christianisme est contre la fatalité de l’histoire.

2 le sens de la souffrance

Le Christianisme ne fait jamais l’apologie de la souffrance. Il faut bannir l’expression « il faut bien porter sa croix » (la place est occupée !!!). LA souffrance fait partie de la condition humaine. Vouloir trouver des explications, des justifications à tout est une impasse. Le Salut est donné une fois pour TOUS. Tout est déjà donné.
La question est « comment je fais pour vivre encore, malgré tout ? » Le Christ accompagne tout situation humaine, quelle qu’elle soit. Comment la vie qui reste peut-elle encore avoir du sens ? comment je peux donner du goût , de la densité, de la signification au présent ? Jésus accompagne les pélerins d’Emmaüs. Il se met au pas de l’homme, il marche à sa vitesse.

3 que signifie « espérer » au sens de la vie chrétienne

L’Espérance est une vertu chrétienne, un bon pli de la vie chrétienne. L’Espérance n’est pas l’Espoir, c’est une vertu de l’obstination. L’Espoir a un objet (réussir son examen, avoir son train), l’Espérance n’en n’a pas. On vit dans l’Espérance, ici et maintenant, dans le présent, dans l’ouverture. L’Espérance, c’est croire qu’il y a une brèche, une ouverture dans ce qui est fermé dans mon existence.
Exemples bibliques : la traversée de la Mer Rouge (Pour que le passage s’ouvre, il a fallu mettre les pieds dans l’eau, prendre un risque.), les femmes devant le tombeau vide du Christ.
L’Espérance demande que la communauté chrétienne s’ouvre à tous.

Compte-rendu de la conférence donnée par Véronique Margron le 15 novembre 2014, lors de la journée diocésaine autour des personnes en rupture de couple, au Centre d'Etudes Théologiques de Caen.

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"L'important , ce n'est pas d'arriver, c'est d'être en chemin ..." Albert Schweitzer

UN CHEMIN



Quand on est chrétien, la vie spirituelle se fonde totalement sur la confiance en Jésus-Christ: croire qu'il est ressuscité de la mort, et que tout malheur qui nous arrive est appelé à être accompagné par le Christ vivant. Cette confiance là est appelée à nous procurer la paix, à nous faire lâcher prise. Cela veut dire que le chemin humain et le chemin de foi sont à la fois distincts et appelés à être articulés. Le Stoïcisme, le Bouddhisme sont des philosophies qui prônent le lâcher prise, l'entraînement du corps à vivre l'acceptation paisible de l'épreuve et de la mort. Ce sont là des chemins spirituels mais pas religieux. Les Bouddhistes vivent le silence pour le silence dans l'acte méditatif. Il n'y a pas de confiance intérieure donnée à Dieu qui serait là, présent: "Seigneur, me voici", "Seigneur, je suis là, viens", avec la certitude que Dieu est déjà présent en nous et qu'il nous transforme. Les ressources bouddhistes sont les livres; c'est un chemin qui fait son travail tout seul, dans le silence. Sur son chemin, le chrétien a pris conscience que quelqu'un est avec lui, marche avec lui: ses ressources étant la prière, la lecture de l'écriture, les sacrements.


Alors, quel chemin après une épreuve?


1ère étape: la sidération (le sentiment de mort), voire la tentation du désespoir. Situation à rapprocher de Jésus qui dit:"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?". Ne pas désespérer, c'est alors se tourner résolument vers le ciel: "Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ." (Romains, chapitre 8 )

2ème étape: Consentir intérieurement à ne pas rester dans le malheur, à le dire à Dieu et à un autre humain. On peut penser à Anne, stérile, qui ne produit pas de fruit dans sa vie et vient au Temple pour demander à Dieu de lui enlever sa honte (au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, la stérilité était désastreuse, considérée comme honteuse).

3ème étape: Accepter d'être présent à soi-même dans tout son corps.Nous sommes appelés à prier avec tout nous-mêmes. Il y a plusieurs psaumes qui disent la douleur du corps dans l'épreuve qui arrive (psaume 39). D'où l'importance ici d'être présent à soi-même et d'accepter de retrouver une sensibilité par le sport et diverses activités.

4ème étape: Consentir à faire la vérité sur soi, sur ce qui s'est passé, sur son histoire, avec l'idée chrétienne que "la vérité vous rendra libres" comme dit Jésus dans l'Evangile de Jean. Discerner dans ce qui s'est passé ce qui vient de moi, ce qui vient de l'autre, ce qui vient de la vie, des événements extérieurs. Demander Pardon à Dieu pour les choses difficiles qui viennent de moi. Dieu ne nous juge pas, mais nous appelle à nous relever. Il nous faut retrouver une autonomie spirituelle.

5ème étape: Se détacher intérieurement des personnes qui nous ont blessés. Ne pas se focaliser sur les gens qui nous ont blessés, se libérer des liens qui nous lient à ces personnes. Cela peut prendre des années. Ne pas continuer non plus à les haïr. Investir plutôt dans les paroles de Jésus:"Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."

6ème étape: Prendre conscience qu'à partir de nos fragilités, Dieu peut nous faire porter du fruit.La fragilité peut nous rendre plus présent aux autres, plus enclin à la compassion. Il est utile de relire à ce sujet "la guérison de l'aveugle-né" (Jean, chapitre 9, verset 3). Dans cet épisode,les disciples demandent à Jésus: "Qui a péché?". La réflexion sur la culpabilité ne sert à rien. Jésus dit: "Arrêtez de chercher qui a mal fait"; dans la fragilité et la cécité de cet homme aveugle-né, l'amour de Dieu va se manifester. Il en est de même pour nous, l'agir de Dieu va se manifester dans notre fragilité. Là, nous sommes en plein dans la confiance, donc en plein dans la foi chrétienne.

7ème étape: Retrouver ma conscience que l'on est digne d'exister et donc appelé à vivre.Cette conscience-là donne de la joie. Dans la Genèse, on lit:"Tu nous as créés pour vivre". Et dans Jean, au chapitre 10, verset 10, Jésus dit:"Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance."

En conclusion, l'épreuve nous impose un dépouillement, nous amène à chercher des ressources spirituelles pour vivre.La foi en Jésus ne nous ôte pas nous blessures, qui laissent en nous des traces indélébiles dans notre corps et notre coeur. Mais cette foi en Jésus nous donne de RE-EXISTER, et cela procure de la JOIE. C'est cela l'expérience de la joie.Des liens ont été perdus, parfois même l'appartenance à des groupes entiers (amis, famille). Comment alors redevenir quelqu'un? Cela demande d'habiter le présent, et non le passé ou le futur. Cela demande un abandon à Dieu, à la Providence Divine. Habiter le présent, ce peut être aller à la messe, aller dans une chorale, au cinéma, au musée, au jardin ... Mais aussi être attentif aux sourires, aux propositions de sorties. L'important, c'est d'être ouvert et de ne pas avoir peur de son image: prendre soin de nous, de notre corps, de notre visage pour nous accepter et accepter l'image que nous renvoie notre miroir. Ne pas avoir peur de pousser des portes, pour entrer dans un groupe par exemple. Paul dit "La peur doit être mise dehors" parce qu'elle nous fait rester dans la mort.

Dieu nous dit: "choisis la vie ou la mort." Choisissons, avec Lui, La VIE.

Dans le Nord, des femmes de Renaissance ont eu l'occasion de participer à des journées SeDiRe. Elles vous font partager les moments forts de ces journées.

Le 20 octobre 2013 à Raismes, diocèse de Cambrai

Présidée par Monseigneur Garnier, archevêque de Cambrai, cette journée avait pour thème "Se reconstruire". Trois femmes de Renaissance étaient présentes, dont Elisabeth, notre présidente, qui a pu présenter le mouvement.

Le fil conducteur de la journée était l'Evangile des pélerins d'Emmaüs. L'abbé Tiersen nous a invités à prendre le temps de le relire et de le méditer. Jésus chemine, "fait route avec eux", sur leur chemin, dans leur direction, à leur rythme. Il ne s'impose pas, il se propose. Son attitude est bienveillante:face à lui, l'autre se sent écouté. Il ne dit pas "arrêtez de pleurer". il ne colmate pas les brèches mais il est présent.

Cet évangile peut se revivre sur des années, avec des étapes, dans une vie marquée par une blessure. La reconstruction passe par les larmes: "leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître", de reconnaître aussi ce en quoi nous avons pu nous tromper. Nous avons à convertir sans arrêt notre regard.

La pédagogie très dynamique de cette journée a permis des échanges vrais en toute simplicité. Chaque participant fut invité à inscrire sur une brique (une vraie ! c'est le matériau traditionnel de construction et de reconstruction de la région ...) les mots qui concrétisaient ce qui avait bougé en lui au cours de la matinée, au fil des échanges autour d'une table de huit personnes.

A la célébration qui clôturait la journée, ces briques ont permis de construire une "Table de la Parole", sur laquelle on a posé la Bible. Belle symbolique pour les participants, des personnes en reconstruction après un divorce, dont certaines estiment ne plus avoir le droit de s'approcher de la table de l'Eucharistie.

Dans le Nord, des femmes de Renaissance ont eu l'occasion de participer à la journée SeDiRe, le 7 avril 2013 à LILLE, avec Monseigneur Noyer, ancien évêque d'Amiens. Elles vous restituent les moments forts de cette journée.

"Cette journée nous offre un moyen de chercher une cohérence pastorale, à partir de la parole d'un évêque et pour l'ensemble de l'Eglise." (R Delecroix, délégué à la Pastorale Familiale du diocèse)
"Le divorce, c'est une rupture avec le conjoint, mais pas seulement: c'est aussi une rupture avec l'Eglise, d'où une double peine. Le divorce, c'est une rupture avec tout, sauf avec Dieu. La mort de Jésus est inconditionnelle; elle dépasse toutes les ruptures et toutes les morts". (Fabienne, responsable SeDiRe, divorcée-remariée).

Intervention de Monseigneur Noyer.

J'avais envie de regarder ce que les hommes vivent. Nommé évêque, je me suis dit qu'il fallait faire avancer la question des divorcés-remariés. J'espère que l'Eglise a quand même atteint un niveau plus pastoral, montrant le regard du Christ posé sur nous, qui est une Bonne Nouvelle.

Il existe deux types de relations entre les hommes: l'ordre des sentiments (promesse) et l'ordre de la loi (contrat). Le mariage est au coeur de ces deux ordres. La Bible mélange toujours l'aspect promesse (Abraham) et l'aspect contrat (Dieu donne une loi à Moïse).

Mais Jésus dit que la loi n'est qu'un instrument. Ce qui est plus profond, c'est l'amour. L'Eglise, en célébrant le sacrement de mariage, célèbre une promesse humaine comme étant le signe de l'Amour de Dieu....une trace de Dieu.Elle a raison de célébrer ce qu'il y a de beau dans cet élan des coeurs. C'est de l'ordre de la promesse folle ("je t'aimerai sans condition"). Lorsque je célèbre un mariage, je célèbre une utopie.

L'Eglise doit aider l'histoire d'amour en faisant le mieux possible. La faute est du côté du droit et la culpabilité est du registre de la loi. Le pardon ne peut pas passer du côté du droit, mais du côté de l'amour (cf parabole de l'enfant prodigue). La première chose que Jésus fait, c'est délivrer un malade de sa culpabilité: "tes péchés te seront remis". Dieu est un Père qui attend toujours celui qui est parti.

Diaconia nous a invités à être inventifs pour servir la Fraternité:"La vie mêlée, lieu de la révélation". Etre prêtre, c'est d'abord être pasteur, aimer les gens, même s'ils ne sont pas parfaits, donner du sens à ce qu'ils vivent, entrainer ses interlocuteurs sur un chemin d'amour.

Comment faire avancer les choses?

S'agissant du mariage: La préparation se fait de mieux en mieux, même si elle n'est pas parfaite. Mais une journée, un week-end, c'est court. Et longtemps, l'Eglise n'a su que parler, pas dialoguer pour rejoindre les gens dans leur vie. Pour certains, pour qui le mariage est un rite social et non une promesse devant Dieu, pourquoi ne pas proposer une prière à l'Eglise, sans sacrement? Créer une cellule de crise pour les couples en difficulté. Nous sommes dans un monde qui n'accepte pas l'échec.

S'agissant du divorce et du remariage: L'Eglise est un peuple. Rien ne bougera si on ne bouge pas ensemble. Le peuple de Dieu est divers. Il faut remettre l'Histoire d'Amour au coeur de la Foi. Un travail de communication est nécessaire. L'Eglise est une famille d'accueil, elle ne peut rejeter ses enfants. On ne peut pas admettre qu'on soit dans une Eglise qui a déjà pratiqué le Jugement Dernier (cf pastorale des détenus). L'Eglise, ce sont des hommes et des femmes avec leurs péchés, pas les bien-pensants. Ce qui revient souvent dans un divorce, c'est la souffrance de part et d'autre. il faut annoncer les prières à l'occasion d'une nouvelle union, où bien entendu, il n'y aura pas sacrement. Et rendre compte que cela s'est passé ainsi. L'Eglise doit se convertir à l'Evangile. Son discernement est important.

Il est nécessaire d'inventer des lieux d'accueil, d'écoute, et de leur donner une bonne visibilité. Il est nécessaire d'être pratique: voir ceux qui aident, pas ceux qui enfoncent. Le divorce peut être une grâce qui met en situation de pauvreté. De toute chose, on peut tirer du bon. C'est l'occasion d'un sursaut. La parole qui sauve est importante. Les silences aussi, les silences de compassion par exemple.

L'offense est là, comme une ancre plantée
dans les sables mouvants de ma mémoire.
Je n'arrive pas à l'en retirer.

J'ai parfois le désir d'une réconciliation,
mais la blessure reste ouverte,
sensible et souvent douloureuse.

Je voudrais m'expliquer, argumenter, demander pourquoi?
Alors, tout en moi se met à tourner en rond.
Et je reste seul avec mes questions.
J'ai besoin d'une parole
pour comprendre ce qui s'est passé.
J'ai besoin d'une vérité qui n'est pas faite.
Et une écharde reste plantée dans le fond de mon être.

Je me sens victime, victime d'une injustice.
Et personne ne peut prouver mon innocence.
Montent en moi les mots des enfants: "c'est pas juste!"
Et je reste blessé....

Une seule issue, prendre le chemin du pardon.
En avoir le désir, d'abord!
Un vrai désir, un désir qui ouvre un avenir,
Un désir qui se fait supplication...
Face à la croix du Crucifié
Je veux prononcer son nom.

"Toi, Dieu Père, fais ce que tu veux!
Je ne dis pas que je l'aime,
mais je lui veux du bien
pour le mal qui m'a été fait.
Je ne veux plus avoir de comptes à régler.
Je remets entre tes mains
la vérité que je ne peux faire
et la justice que je ne peux prononcer!
Débrouille tout, et le moment venu,
Aide-moi à faire la lumière."

Dans ce geste d'abandon, je vais mon chemin,
jusqu'au jour où toute vérité se fera
jusqu'au jour où toute justice se manifestera.
Et je cueille la paix qui m'est donnée.

Jacques Lancelot

La joie d'être vivante, la beauté et la richesse de la vie.

Extrait d'un Atelier proposé par le père Moysan pendant la récollection des équipes Renaissancede la région Ouest à Dinard, les 22 et 23 septembre 2012. L'intégralité du texte figure dans la revue Partage de Septembre 2013.

- Qu'est-ce qui provoque en moi de la joie profonde actuellement,qui me rend vivante actuellement, spirituellement et humainement?

La force de vie, c'est la beauté de la vie qui est toujours à retrouver. C'est comme si aujourd'hui la joie se gagne sur la non joie, la vie se gagne sur les blessures, les diverses tentatives pour nous déstabiliser, la vie se gagne sur la mort.
Vivre, qu'est-ce que c'est? c'est le fait que l'on éprouve dans notre corps des preuves, c'est l'expérience de notre corps d'exister. Exister, c'est créer du bon et non pas de la destruction.
Créer du bon, du bien, de bonnes choses, recevoir également du bon, être heureux de donner du bon, créer du bon et donner du bon. créer du bon, on peut le vivre par exemple dans une activité sociale ou dans une profession, et être heureux de tout cela. La joie d'être vivante, c'est le fait que tout cela arrive, que l'on éprouve tout cela comme quelque chose de bon.

Quels sont les lieux de la vie qui peuvent nous faire éprouver cela? Il est utile de faire l'inventaire de ces lieux qui nous ont rendus vivants, ou peut-être qui nous ont rendus moins vivants, nous ont détruits.

C'est d'abord la famille qui vous a mis au monde, qui vous a créé. Ce qui nous rend vivant, c'est le fait d'avoir reçu d'abord de la vie, de l'amour, de la bonté, de la compassion, de la vie sociale, de la capacité à aller vers l'autre. Ensuite, les proches hors de la famille, de la fratrie, hors des parents, les autres que vous avez accueillis peu à peu, à qui vous avez donné. Et ce qui a pu vous rendre vivante, c'est le fait de donner, en fait d'accueillir de l'affection et d'en donner. Ce qui a pu diminuer la vie en vous, c'est le fait des blessures qui ont pu vous être causées ou que vous avez causées. Tous ces fils là sont le tissu de votre propre existence. Les amis proches peuvent ne pas exister. La profession est le lieu où l'on crée, l'aspect créateur c'est celui qui constitue la vie. La société, avec ses facettes sociales, politiques, militantes a pu créer en vous de la vie. La militance, cette capacité à donner sa vie pour quelque chose, ceci aussi donne la vie. Pour les chrétiens, la vie de relation avec Dieu, le Christ, alimente notre vie spirituelle, notre intériorité. Nous recevons dans notre intériorité quelque chose d'en haut et nous le recevons dans notre psychologie. Toute spiritualité est psychique en ce sens là. Et la réponse à ce que nous recevons d'en haut, c'est la foi. La vie en Eglise est également un lieu qui nous rend vivant. Les chrétiens sont appelés à rencontrer des frères parce que le bain des frères est nourriture pour leur vie de foi. Sans ce bain, on a vite l'impression de dépérir. La vie en Eglise c'est la réception de la Parole de Dieu, la réception du sacramentel, la réception de l'amour des frères, même si parfois c'est un peu sec ...Ici, le groupe Renaissance est une cellule d'Eglise qui à la fois donne de l'information, donne de l'affection, donne la possibilité de renaître, etc.

- Quels chemins avez-vous vécu pour redevenir vivantes? pour renaître d'en haut?

Le MOI est au carrefour de tous les liens sociaux et humains que nous avons noués (famille, amis proches, collègues de travail, paroisse, lieux d'engagements associatifs ...) et il se trouve en panne, à un moment donné. La question est alors de redémarrer. Mais comment faire? Comment redevenir vivante?

J'aurais pu vous dire "il suffit d'aller chercher dans les autres de l'affection pour redémarrer, il suffit d'aller chercher vers Dieu, prier et cela marchera, il suffit d'aller vers les amis, de revenir en famille pour retrouver de la vie et de la joie, il suffit de prendre un engagement au sein du Secours Catholique ou ailleurs dans la région, tu verras, tu oublieras tout." Mais vous sentez que cela n'est pas vrai, car le MOI est en panne et à un moment donné on ne peut plus.

Quel est le chemin intérieur pour retrouver de la joie, c'est-à-dire pour retrouver de la vie?
La joie c'est le sentiment qui accompagne le fait de retrouver de la vie profondément, de recouvrer de la vie en soi même, de se réunifier, de recoller les morceaux intérieurs, de retrouver des points de repère. C'est à la fois un chemin humain et un chemin de foi.

Le chemin humain peut avoir besoin, à un moment, d'un médecin, d'un psychologue, d'une thérapie. Il va falloir accepter une aide psychologique pendant un certain temps, en toute humilité.
Cela ne fait pas concurrence au chemin de foi et à l'accompagnateur spirituel. Le chemin de foi est un chemin où l'on accepte de donner sa confiance à Jésus-Christ, on accepte de l'écouter, de recevoir sa vie par les sacrements et par là même on retrouve de l'espérance, de la foi en Dieu, de la confiance en soi, et ceci nous guérit et nous pousse à vivre notre chemin humain de pacification. Il n'y a pas de concurrence dans l'homme, tout se conjugue en Dieu.

L'association

Depuis 1954, Renaissance aide les femmes dans les premiers temps de leur séparation. C’est un mouvement de passage

Le DIVORCE, c'est l'échec d'un projet de vie commune, dans un amour mutuel. C'est l'échec d'une aventure à deux, avec ses attentes et ses rêves.Le DIVORCE, c'est un drame pour le couple, pour les enfants, pour la totalité des deux familles, pour les amis, pour la société.Le DIVORCE, c'est l'amputation d'une partie de son être et de son histoire.Les actions du mouvement sont basées sur l'accueil, l'écoute et l'amitié.La première rencontre, pour une nouvelle arrivante, se fait le plus souvent en tête-à-tête avec la responsable, dans le respect total de son cheminement et de ses choix.Les rencontres ultérieures, en équipe, sont l'occasion pour elle d'exprimer librement ses sentiments, sa douleur, ses difficultés, de se libérer par la parole, face à d'autres femmes ayant connu les mêmes épreuves.RENAISSANCE est présente dans une dizaine de régions.L'association compte une trentaine d'équipes locales (dont une en Suisse), animées par une responsable aidée d'un aumônier.Notre mouvement RENAISSANCE, anciennement membre de la pastorale familiale est, depuis la réorganisation des mouvements et services de l'Eglise Catholique, rattaché au conseil pour les mouvements de laïcs.

A l'écoute des femmes :

Des psychologues, des sociologues assurent régulièrement des formations aux personnes de l'association : formations à l'écoute, formation à l'accompagnement des femmes en rupture.

"Quand un père laisse sa femme et ses enfants, c'est le toit de la maison qui fout le camp !" Parole d'un adolescent

Reconstruire...

RENAISSANCE propose des lieux d'accueil, d'écoute, de parole où toute souffrance peut être exprimée.RENAISSANCE aide les femmes à se remettre debout, à chercher d'autres raisons d'exister, à envisager des chemins de renaissance possibles.RENAISSANCE mouvement uniquement féminin, accompagne chaque personne à son rythme, dans le plus profond respect. Une fois la blessure refermée, les femmes continuent leur route de la manière qui leur convient le mieux : intégration dans un groupe d'église ou associatif, possibilité de former un nouveau couple...RENAISSANCE permet aux femmes de poursuivre leur vie dans la redécouverte des forces d'amour et d'engagement du baptême.

En janvier 1986, après 23 années de mariage, je me retrouve seule à la maison, avec un fils lycéen en seconde. L'aînée est mariée depuis 6 mois, l'aîné des garçons est étudiant et vit loin de la maison. Depuis 15 mois, la vie à la maison est tendue. Mon mari, après de longs mois d'hésitation, de va-et-vient, a décidé de quitter le domicile. En décembre 1987, il adresse au tribunal une requête en divorce. Trop affaiblie par un état de santé déplorable, je refuse cette demande. En septembre 1991, j'accepte de déposer une demande conjointe en divorce. J'ai accepté de regarder le présent, de m'obstiner à espérer l'impossible, de découvrir de nouvelles raisons de vivre. En juin 1992, le divorce est prononcé.Voici résumées en quelques lignes huit années d'enfer. Ma santé est devenue très précaire. Les questions matérielles m'occupent en permanence. Il n'y a plus de temps pour la détente et le ressourcement. Toutes les relations sont modifiées. Enfants, parents, amis, sont eux aussi bousculés par la situation, Peu à peu, toute rencontre est devenue souffrance, comme si, enfermée dans une cage de verre, je regardais le monde autour de moi, sans entendre, sans comprendre ce qui se vit à l'extérieur.Sortie de dépression, j'imagine que la rencontre avec d'autres femmes, vivant une situation identique me permettrait de me remettre debout. A l'occasion d'une journée de la famille organisée par le Diocèse d'Orléans, j'écoute le témoignage d'une femme seule avec quatre enfants : nous nous rencontrons et c'est ainsi que j'apprends l'existence du mouvement Renaissance. Pourquoi ne pas répondre aux souhaits de notre évêque en créant une équipe à Orléans ?Très vite, nous sommes un petit groupe de femmes traversant de semblables bourrasques. Chaque histoire est singulière et loin d'être l'occasion d'affirmer notre décision de nous remettre debout avec l'assurance que des sœurs se tiennent près de nous avec délicatesse, respect, tendresse, pour accompagner la renaissance de chacune. La solitude, le sentiment d'exclusion sont en partie brisés. Les années passent et le combat continue. La réconciliation avec soi-même, avec l'absent, n'est jamais achevée. Tant d'événements sont l'occasion de réveiller les blessures : mariage des enfants, naissance des petits enfants, fêtes de familles, vacances, etc.Comment accueillir en confiance ce passage biblique qui figure sur la page de couverture de tous les numéros de la revue du mouvement : « Ne vous souvenez plus d'autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez vous pas ? »(Is.43,18-19a).A la lumière de l'Evangile, dans un climat d'amitié vraie, je redécouvre que Dieu, lui, ne retire jamais son alliance avec chacun, que des pas neufs sont possibles, pour faire des choix pour l'avenir, certaine qu'un amour me précède, m'attend, me conduit. Jésus, tout au long de sa vie a manifesté sa tendresse aux blessés de la vie et aujourd'hui encore son amour vivant n'est pas réservé aux bien-portants. Il rejoint chacun sur ses routes d'errance et invite à sortir de la peur, de la culpabilité de l'échec.Dans l'écoute de mes sœurs, j'ai compris avec mon être tout entier, que ceux qui se séparent ne choisissent pas la facilité aussi différente que soit l'histoire de chaque couple. Leurs blessures sont des questions posées à notre Eglise, espérant qu'elle écoute, qu'elle témoigne de la tendresse de Dieu, qu'elle accompagne chacun sur son chemin, qu'elle invite à la joie et à la paix.Il y a encore beaucoup à faire pour que Renaissance soit connue dans notre diocèse, nos communautés, pour que Renaissance soit proposée à celles qui n'en peuvent plus de se battre seules et qui rêvent pourtant de marcher vers une source sans se sentir ni jugées ni condamnées.

 

Il m'a dit qu'il aimait une autre femme

Mon histoire est une histoire d'un bonheur formidable qui aura duré cinquante ans.J'ai eu des parents qui s'aimaient, qui ont éduqué leurs cinq filles en en faisant des femmes fortes, solides. J'ai toujours voulu être institutrice, et à quinze ans je suis entrée à l'Ecole Normale et j'ai rencontré mon mari. Première rencontre et unique amour. Nous nous sommes mariés à 20 ans et nous avons eu trois enfants qui ne nous ont posé aucun problème.J'ai passé près de lui trente-cinq années passionnantes, extraordinaires. J'étais tellement heureuse que parfois, quand je priais, je me disais que ce n'était pas normal, que j'étais trop heureuse !Dans une vie, tout le monde rencontre des épreuves... Et c'est bien ce qui est arrivé. Cela s'est passé très vite, en deux ans, simplement à cause des circonstances de la vie : un accident très grave, une situation professionnelle et financière difficile.Un jour, il m'a dit qu'il aimait une autre femme, la femme de notre meilleur ami qui venait de mourir, et que nous avions beaucoup entourée dans son deuil, et avec laquelle nous sortions, allions au cinéma, en vacances...Je m'étais aperçue combien ils étaient attirés l'un par l'autre, mais je n'ai osé rien dire et me suis sentie totalement impuissante. Mon mari est parti vivre avec elle. Je l'ai laissé libre : comment s'accrocher à quelqu'un qui ne vous aime plus ? Pour lui, cela n'aurait pas vivable.Sa décision était prise et je n'ai pas essayé de le retenir. Ce fut très dur. Dur pour les enfants, qui étaient pourtant adultes. Ce fut une vraie cassure, que mon mari a peut-être lui aussi mal vécu.Après 35 ans de vie commune, qu'allais-je faire de ma vie ? Un divorce, c'est une rupture, mais c'est aussi l'échec d'une aventure, l'échec de tous ses rêves.Rejetée, piétinée, humiliée, j'avais perdu confiance en moi et dans les autres : peut-on croire encore quelqu'un qui vous dit "Je t'aime" ? Je me suis sentie réduite à rien.J'ai eu alors trois chances : j'avais mes enfants et petits-enfants qui sont restés très proches de moi et m'ont comblée de leur tendresse ! J'avais mon métier : dans ma classe, avec mes petits, je ne pensais plus à rien. Et puis, j'avais la Foi. Je ne me suis pas révoltée et j'ai prié. Je me suis réfugiée dans la prière. J'y étais bien, Dieu était là. Lui ne me laisserait pas tomber. Dès le début, je me suis dit que le Pardon était incontournable et que je n'avais pas le choix : si je voulais réciter le Notre Père en vérité, il fallait y arriver ! Petit à petit, j'ai fait du chemin. Il fallait se tourner vers cette voie. Tant qu'on est dans la rancœur, l'hostilité, la haine, on ne peut pas vivre. Et le Pardon est une voie pour revivre, repartir. Je l'ai vécu.Pour y parvenir, je me suis investie dans des mouvements, au Secours Catholique. J'ai fait de l'accompagnement scolaire dans diverses familles, en précarité, en souffrance, ce qui m'a permis de relativiser ce qui m'arrivait. Et puis, j'ai rencontré Renaissance, un mouvement chrétien, qui accompagne les femmes en rupture de couple. Parler avec des femmes qui avaient connu la même souffrance, pouvoir dire en liberté tout ce qu'on a sur le coeur m'a aidée. Nos histoires sont différentes, le même ressenti, la même révolte, le même cheminement. J'ai rencontré des femmes formidables qui se battent pour elles, pour leurs enfants, qui veulent retrouver leur dignité, leur place. Entre femmes, on peut tout se dire... Et la parole libère, aide à évacuer. Mais j'ai découvert aussi qu'il ne fallait pas ressasser et, à Renaissance, on ne ressasse pas. Une fois qu'on a raconté son histoire, on n'en parle plus, on chemine ensemble, on se rencontre pour réfléchir, pour prier, on accueille les nouvelles, on pleure avec elles, et on repart ! Et, aujourd'hui, je sais parler à une femme délaissée par son mari, je sais comment l'aider.Je vis seule depuis dix ans et je me sens de mieux en mieux. Je n'ai pas voulu me remarier, contrairement à beaucoup de femmes de Renaissance qui retrouvent un compagnon. En effet, ce mouvement n'est qu'un mouvement de passage. Mais moi, non. J'ai été trop heureuse avec mon mari. Je l'ai tellement aimé que les autres hommes me semblent fades. Ils ne savent pas me faire rire autant que lui. Et puis, j'apprécie ma liberté, ma vie est remplie d'occupations, d'engagements, que je n'ai plus envie d'abandonner. J'ai la chance de supporter la solitude et d'avoir mes enfants autour de moi. Il n'y a plus de place pour un homme dans ma vie : elle est trop remplie par les autres et par Dieu.