Un petit rappel:

L'assemblée générale de Renaissance aura lieu les samedi 27 et dimanche 28 avril 2019 à la Maison d'accueil de la Basilique du Sacré Coeur de Montmartre.
La date limite d'inscription était fixée au 28 février 2019.

Pour celles qui ne se sont pas encore inscrites, il est encore temps de le faire !!!
Mais ne tardez pas trop !

Les inscriptions sont à envoyer à la trésorière nationale par courrier :
Brigitte Enguerrand
56 avenue Jacques Chastellain
Ile Lacroix
76100 Rouen

Si vous avez égaré le bulletin d'inscription ou le programme de l'AG, vous pouvez les redemander par mél
à : brigitte.enguerrand@free.fr (trésorière nationale)
ou
à : isabelle.bigot7@wanadoo.fr (secrétaire nationale)

Pour télécharger le bulletin inscription:

  • bulletin inscription
  • C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès du père Pican le 23 juillet 2018. Monseigneur Pican a accompagné le mouvement Renaissance depuis 2012 en tant qu'aumônier national. Son mandat devait s'achever au 1er septembre. Ce fut une grande chance pour nous toutes de l'avoir connu pendant 6 ans.
    Très discret d'abord, il a pris le temps d'écouter les souffrances, d'appréhender les problématiques des femmes en rupture de couple. Au fil du temps, il s'est beaucoup investi dans sa mission, n'ayant de cesse de proposer des idées et de nouer des contacts, à la conférence des Evêques, ou ailleurs.
    Nous lui devons l'aide de nombreux intervenants de qualité lors de nos congrès et de nos réunions nationales. Ses conseils étaient toujours éclairés, empreints de délicatesse et de bienveillance.
    C'est avec plaisir que nous lisons et relisons ses contributions à notre revue Partage et que l'équipe nationale se nourrissait de ses homélies "finement ciselées".

    Père Pican, nous ne vous oublierons pas et nous vous portons dans nos pensées et nos prières.
    Merci père Pican.

    Pour le congrès 2018 de Renaissance, Mgr Crépy a accepté de nous faire une intervention intitulée "Oser le chemin de pardon". Le texte ci-dessous reprend son intervention afin que celles qui n'ont pas pu être présentes puissent en prendre connaissance et échanger sur ce thème en équipe.
    Bonne lecture !!!

    Introduction : Pas de pardon sans regard sur le mal et le péché

    Il est important de prendre en compte la question du mal et du péché sinon on risque de parler du Pardon d’une façon un peu mièvre, un peu trop pieuse et qui n’aborde pas la question du mal.
    Dans notre Foi chrétienne, nous savons que la question du mal a été affrontée par le Christ lui-même. La Croix c’est ce combat, c’est la victoire de l’Amour sur le Péché. Au cœur de notre propre foi il y a la mort et la résurrection du Christ et cela a à voir avec ce combat cette lutte cette conversion. Il faut resituer notre propre vie concrète qui peut être douloureuse et compliquée. Il faut prendre le recul nécessaire La question du mal et du péché ne regarde pas que moi, mon couple, mais elle traverse toute l’humanité depuis ses débuts.

    I Oser affronter la question du Mal et du Péché

    A une nécessaire prise de conscience

    Cette question du Mal est toujours une question. Cf Livre de Job : ses amis lui disent que tout ce qui lui arrive de difficile et de douloureux est la faute de Dieu. Mais Job dit non. Il refuse d’attribuer le Mal à Dieu. Il met sa confiance en Dieu sans que la question du mal soit écartée définitivement. C’est une question qui demeure mais est surmontée par la confiance de Job. La question du mal est une question forte que porte toute personne.
    Le mal et le péché nous renvoient aussi à nous-mêmes, à notre condition de pécheur, condition qui rend difficile une parole à prononcer. Nous sommes impliqués chacun et chacune d’entre nous dans cette question du mal. Nous ne pouvons pas nous en exclure. Quand nous regardons notre vie, nos propres expériences, nos peurs, il y a toujours cette question.
    Le mal, le péché pardonné par Dieu dans le sacrement de réconciliation, pardonné par l’autre ou non pardonné. Le péché originel ne se transmet pas génétiquement. Dans chaque personne, il y a la liberté de choisir le bien ou le mal. Dans le processus de Pardon, je ne suis pas non plus quelqu’un qui est loin de tout mal, de tout péché. Cela ne veut pas dire que l’on excuse le mal que l’autre m’a fait. Il n’y a pas d’un côté la personne qui subit le mal et celle qui le commet.

    B Oser affronter les lourds enjeux de la question du péché et du mal

    C’est une expérience difficile, tant le mal subi que le mal commis. En tant qu’aumônier de prison, j’ai travaillé avec les détenus sur cette question du mal commis. Sans excuser le mal, comment avancer ? le mal que j’ai commis qu’est-ce que j’en fait ? comment se reconstruire avec ce mal ? La culpabilité empêche d’avancer. Je travaille également au sein de la conférence épiscopale sur la question de la pédophilie, des abus sexuels sur les enfants. On voit combien le mal subi détruit la personne. La blessure demeure mais devient moins douloureuse. Ce mal qui défigure l’homme, pose la question du sens de l’existence et de l’existence de Dieu : si Dieu existait il pourrait faire quelque chose.

    Théologiquement : la question du mal est posée dès le début de la Bible. Dans la Bible, on trouve la première rencontre avec le mal : le serpent invite Adam et Eve à sortir de leur condition de créature pour devenir tout puissant. Le mal que l’on fait subir à l’autre est souvent un signe de toute puissance Le péché c’est sortir de notre condition limitée de créature. Les limites ne sont pas des choses négatives. Il y a des personnes qui vivent des situations de handicap, les limites ne sont pas alors perçues comme quelque chose de positif. Mais elles sont parfois capables d’en faire quelque chose de positif. Dans le couple, le désir de toute puissance s’exprime de différentes manières. Je ne respecte plus l’autre lorsque j’ai un pouvoir sur l’autre :pouvoir sexuel, affectif, d’argent, d’avoir. Ce pouvoir peut être très subtil.
    Dans la vie religieuse on prononce des vœux de pauvreté, chasteté, obéisssance. Nous avons tous à travailler notre manière de vivre le pouvoir, notre sexualité, notre affectivité, notre manière de posséder l’argent. Dès le début de la bible, cette question est posée. Puis cela continue. Les deux frères, Caîn et Abel se battent et l’un tue l’autre. Tout le récit de la génèse est le récit de la foi, du peuple d’Israël. L’attachement de l’homme et de la femme : l’homme s’écrie de joie quand Dieu crée la femme. Avant de créer la femme il avait proposé à Adam de choisir un animal de la création ... mais cela n’avait pas suscité beaucoup d’enthousiasme chez Adam. Dès le départ, dans la genèse, la question du désir de toute puissance vient se poser. Dans notre foi chrétienne, la question du mal vient se poser. Est-ce que nous pouvons être libérés ? Est-ce qu’il y a un salut ? et là il y a le mystère pascal, le christ crucifié. Il faut affronter les lourds enjeux de la question du péché et du mal. Nous sommes tous des pécheurs pardonnés.

    C quelques éléments à propos du Mal

    Dans son livre, « Le pouvoir de pardonner », Lytta Basset donne une définition du mal: « le mal c’est ce qui fait mal ». C’est une définition qui part de l’expérience. Qu’est-ce que l’expérience du mal ? Pourquoi le mal ? On ne peut expliquer le mal après des siècles de réflexion.
    Le mal provoque une expérience d’enfermement aussi bien pour celui qui le commet que celui qui le subit. Quel sens pour celui qui le subit ? Pour celui qui le commet ?
    Parfois, il y a aussi quelque chose d’absurde , de déraisonnable. Le pardon va travailler à une certaine reconstitution du sens. « Il m’a fait ça, elle m’a fait ça. Quel sens ? »
    Comment le pardon va être un lieu ou le sens va être possible après le mal subi ou commis.
    Pour les détenus en prison, il y a du sens à reconstruire. Le pardon c’est le moment où le mal subi ne vient plus coloniser toute mon existence.

    D Quelques éléments à propos du péché

    Le péché est d’abord une notion théologique. Cela a à voir avec dieu. SI je ne suis pas croyant, faire du mal c’est commettre une faute. Aimer son prochain et aimer Dieu c’est le même commandement. Le péché touche notre relation à Dieu.

    Père Sesboué : « Un mystère est source de lumière, tandis que le péché est obscurité par excellence. La décision pécheresse ne se justifie en rien ; elle n’a aucune raison. Elle ne peut donc être expliquée. Le mal en tant que mal est inintelligible : vouloir le comprendre est une contradiction dans les termes : ce serait le justifier intellectuellement. Le choix du mal est un abîme sur lequel on ne peut rien dire. Admettons donc que même le discours chrétien sur le mal et le péché ne boucle jamais complètement, comme si le mal jetait son voile d’ombre sur tout le reste. »

    La notion de péché ne va pas éclairer la notion de mal. Le pardon de Dieu permet de sortir de cette obscurité, de faire jaillir la lumière dans l’obscurité du Mal. Accepter le don de Dieu c’est accepter que l’on ne peut se suffire à soi-même. Le pardon est l’accueil du don de dieu. Le don de dieu est une force pour sortir de nous-mêmes.

    II La croix : du pardon des péchés à la vie nouvelle

    On peut dire que le pardon est un chemin qui ne va pas laisser au mal le dernier mot. La Croix est le symbole de l’impuissance : les bras cloués sur une croix, les pieds cloués sur une croix, sans pouvoir bouger. C’est l’impuissance totale, l’inverse de la toute puissance, signe de la victoire face à la toute puissance du mal. La Croix, symbole de notre vie de baptisé, est invitation à un passage. La mort du Christ est un passage de la mort à la résurrection. C’est la manifestation qu’il faut abandonner la toute puissance pour rentrer dans l’humilité pour que le chemin de pardon soit possible. Le christ s’est anéanti jusqu’à la mort sur la Croix mais Dieu l’a ressuscité. Celui qui est fils de Dieu accepte d’aller jusqu’au bout, jusqu’à la croix.

    Dans le christianisme, il y a quelque chose de radical, de nouveau pour aller dans la toute puissance d’amour. On ne peut parler de Dieu sans contempler le crucifié. Dieu s’est fait homme pour manifester que seul l’amour peut changer, peut affronter le péché. L’amour c’est le respect et le souci de l’autre. Dieu s’est fait homme et a affronté les péchés. Abandon de la toute puissance humaine pour aller dans la puissance de l’Amour. Dieu tout puissant est toute puissance d’amour. Si l’on oublie la croix, on risque de parler d’un Dieu qui n’est pas celui des chrétiens. Seule l’humilité de Dieu est offerte à l’homme (père Varillon).
    La résurrection est signe que l’amour est vainqueur. L’amour est de l’ordre du don. Le pardon, le don, l’amour, l’humilité sont des termes que nous pouvons tricoter dans nos têtes chacun à sa manière. Le dernier mot de jésus sur la croix c’est « Père pardonne leur ». Il s’agit d’aimer comme Jésus nous a aimé et c’est difficile. Le chemin de l’Amour, le sens de notre vie c’est d’aimer comme le christ nous aime. Sommes-nous prêts à cela ? Le cœur de la Bonne nouvelle c’est que Dieu nous aime et que pour nous manifester son amour, il a pris chair. Oser le chemin de pardon c’est oser aimer comme Jésus nous aime.

    III Le chemin nécessaire pour pouvoir pardonner

    Dans son livre « Le pouvoir de pardonner », Lytta Basset distingue plusieurs étapes dans le chemin de pardon.

    A Passer par la révolte, le ressentiment. Il n’est pas naturel de ne pas se révolter. Lyta Basset dit que le ressentiment est naturel. Si ton frère a commis une faute contre toi va le trouver et fais lui reproche. Il y a des gens qui subissent sans jamais se révolter : il m’a fait ça, et ça. La révolte permet de dire les choses, de mettre le mal à distance pour en prendre conscience.

    B faire le deuil d’une compréhension totale : je ne peux pas tout comprendre de « pourquoi l’autre m’a fait du mal ». Ne pas juger permet de remettre l’autre en Dieu car lui seul connaît la clé. En prison, certains détenus racontent leur vie. Ils n’ont connu que des univers négatifs, des parents absents ou violents. Lyta Basset : « ne pas juger consiste à laisser à l’offenseur le mystère de son être ou plutôt à reconnaître en Dieu celui qui seul en détient la clé » Notre jugement est réducteur. La nature de l’acte commis est mauvais, comprendre n’excuse pas le mal. J’enferme parfois la personne dans son mal. Quand quelqu’un a volé, ce n’est pas qu’un voleur. Quelqu’un qui a tué n’est pas qu’un criminel. La personne est plus grande que ses actes. Reconnaissance du bien et du mal : le serpent qu’est-ce qu’il vient faire dans la Genèse ? J’enferme parfois l’autre qui m’a fait du mal dans ce rôle de mauvais. Cf livre de Daniel Pitet, témoignage d’un enfant abusé par un prètre. « Père, je vous pardonne ».

    C le renoncement à la culpabilité : « c’est d’un même mouvement que l’on se pardonne à soi-même et que l’on pardonne à autrui. La démarche de pardon a cela de fascinant qu’elle est tout entière du côté de la personne affectée par le mal : celle-ci est la première à gagner. » Les enfants victimes de pédophiles se sentent coupables, ils ne parlent pas. La demande de pardon ne peut se faire que si l’on est sorti de cette culpabilité. Se pardonner à soi-même demande de renoncer à la culpabilité mortifère.

    D Face à l’impardonnable, le renoncement à combler l’abîme d’un mal en excès : « le préalable majeur à un pardon authentique est précisément le renoncement à combler l’abîme d’un mal en excès : seul un pardon lui-même démesuré en est capable. » Pardonner ce n’est pas oublier mais transfigurer la mémoire du mal : « le souvenir du mal, humanisé, intégré et transfiguré, prend place dans un ensemble plus grand, à vrai dire dans cet ensemble infini où toutes les choses sont à la fois commémorées et restaurées, où la souffrance a mis au monde une vie au centuple ». Comment pouvoir intégrer, transfigurer, humaniser l’expérience du mal commis ou du mal subi ? La question du mal traverse toute l’histoire de l’humanité. Travailler dans le passé le présent et le futur : pour notre équilibre humain et spirituel, il faut articuler le passé, le présent et le futur. On rend grâce pour ce que Dieu fait aujourdh’ui, ce qu’il a fait hier et ce qu’il fera encore demain. Il n’est pas bon de vivre uniquement dans le passé, uniquement dans le présent ou uniquement dans le futur.

    E Le pardon est un travail personnel. C’est une réponse individuelle . Pardonner est un travail personnel. Il n’est pas symétrique. Il ne restaure pas forcément la relation avec l’autre. C’est un acte personnel, positif par lequel on sacrifie librement la réparation à laquelle on a droit : on voudrait que le mal soit réparé. Le christ en croix se sacrifie.

    IV Du pouvoir humain au pouvoir divin de pardonner

    « Seule, notre acceptation profonde du mal subi à la manière du Christ Jésus, aux côtés des êtres qui nous l’ont fait subir, peut donner à la mort du Christ toute la valeur d’une offrande de vie. »
    « Le pardon ne se définit pas mais sur son passage il laisse comme une signature : là où il y a eu pardon, la relation a primé, la relation à l’autre a eu la priorité. La signature du pardon épouse les contours du visage d’un autre - Autre : il devient clair que le pardon a fait son œuvre lorsqu’un visage s’interpose entre l’offensé et l’abîme du mal. La perception du visage de l’offenseur et, à travers lui, d’un visage Autre est l’indice que le mal ne fait plus mal et que le pardon est passé. » Ce visage est pour le chrétien, dans l’expérience du pardon, le visage du christ crucifié et ressuscité. La Bonne Nouvelle porte la signature du pardon.

    Si l’on compare le pardon à un fleuve, et si l’on remonte le fleuve jusqu’à sa source, la source c’est Dieu, c’est le christ en croix qui pardonne. Sur la croix, Jésus demande à Dieu de pardonner aux hommes. Jésus pleinement Dieu et pleinement homme nous permet de contempler le pouvoir divin de pardonner. Tout au long de sa vie, Jésus a demandé pardon. Sur la croix, il a demandé pardon. Ce n’est pas magique. Le pardon passe par la Croix et s’est exercé par excellence sur la Croix.
    Notre foi permet de réanimer en nous ce pouvoir divin de pardonner que nous pensions ne pas avoir.

    Conclusion
    Invitation à vivre en église. Notre monde a du mal à pardonner. Il faut rétablir et recréer toute relation brisée. C’est le Signe de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain. Il n’y a pas d’unité du genre humain sans pardon. Parfois nous ne sommes pas prêts. Il faut le facteur temps. Dans notre vie nous allons d’étape en étape, sinon le chemin semble vertigineux et abyssal. Avec le pardon, je sors du tombeau avec les marques de souffrance.

    Une belle prière pour se préparer au congrès Renaissance au Puy-en-Velay

    Un pardon en chemin (père Jacques Lancelot)
    L'offense est là, comme une ancre plantée
    dans les sables mouvants de la mémoire.
    Je n'arrive pas à l'en retirer.

    J'ai parfois le désir d'une réconciliation,
    mais la blessure reste ouverte,
    sensible et souvent douloureuse.

    Je voudrais m'expliquer, argumenter, demander pourquoi?
    Alors, tout en moi se met à tourner en rond.
    Et je reste seul avec mes questions.
    J'ai besoin d'une parole
    pour comprendre ce qui s'est passé.
    J'ai besoin d'une vérité qui n'est pas faite.
    Et une écharde reste plantée dans le fond de mon être.

    Je me sens victime d'une injustice
    et personne ne peut prouver mon innocence.
    Montent en moi les mots des enfants: "c'est pas juste !"
    Et je reste blessé ...

    Une seule issue, prendre le chemin du pardon.
    En avoir le désir, d'abord !
    un vrai désir, un désir qui ouvre un avenir,
    un désir qui se fait supplication ...
    Face à la croix du Crucifié
    je veux prononcer son nom.

    " Toi, Dieu Père, fais en moi ce que tu veux!
    Je ne dis pas que je l'aime,
    mais je lui veux du bien
    pour le mal qu'il m'a fait.
    Je ne veux plus avoir de comptes à régler.
    Je remets entre tes mains
    la vérité que je ne peux faire et la justice que je ne peux prononcer !
    Débrouille tout, et le moment venu,
    Aide moi à faire la lumière."

    Dans ce geste d'abandon, je vais mon chemin,
    jusqu'au jour où toute vérité se fera
    jusqu'au jour où toute justice se manifestera.
    Et je cueille la paix qui m'est donnée.

     

    Le site Renaissance va s'enrichir d'une nouvelle rubrique intitulée "Le coin des livres". (rubrique encore en cours de construction)

    Vous y retrouverez des fiches de lecture parues dans les numéros de la revue Partage et des conseils de lecture glanées par les unes et les autres au cours de l'année lors de conférences, séminaires ou autres. Les responsables d'équipes Renaissance pourront y trouver des références de livres leur proposant des thèmes de réunions. Dans la perspective de notre congrès 2018 au Puy-en-Velay, seront également proposés des conseils de lecture permettant d'approfondir notre connaissance de ce haut-lieu de spiritualité mariale.

     

    Le 1er juillet 2017, les équipes Renaissance de l'Ouest se sont retrouvées à Honfleur devant la chapelle Notre-Dame de Grâces pour une rencontre amicale avant les congés d'été. Ambiance au beau fixe pour cette journée, malgré les nuages, et belle découverte de Notre-Dame de Grâces, magnifique petite chapelle qui abrite une très belle statue de la vierge à l'enfant.

    L'histoire de Notre-Dame de Grâces est riche et mouvementée. Construite initialement en 1023 au bord d'une pente abrupte, la chapelle a été emportée dans un éboulement de terrain puis reconstruite plus en retrait, par sécurité. De nombreux ex-voto, notamment en forme de maquettes de bateaux, recouvrent les murs ou sont suspendus à la voute de cette chapelle. Ces ex-votos sont autant de témoignages de la Foi et des remerciements des familles de marins à Notre Dame de Grâces pour les avoir protégés des périls de la mer. La chapelle abrite également un bel orgue assez récent. A l'extérieur de la chapelle, un carillon composé de 23 cloches vient enchanter les oreilles des visiteurs.

    Une petite route très pentue permet d'accéder facilement au centre ville de Honfleur et d'admirer l'église Sainte-Catherine, très originale, totalement construite en bois et abritant une très belle statue de la vierge.

    Une des femmes de l'équipe Renaissance de Caen nous explique que son grand-père, menuisier-charpentier à Honfleur, a participé à la construction de l'église Sainte-Catherine.

    A Montpellier, les fêtes de la Pentecôte ont été l’occasion d’une rencontre festive les 3 et 4 juin 2017. L’ensemble des mouvements d’Eglise ont été conviés par Mgr Carré, évêque du diocèse, à participer à ce week-end et à se faire mieux connaître. En début de matinée, un diaporama présentant de manière très vivante tous les mouvements du diocèse ayant répondu à l'invitation de leur évêque a été projeté. Le mouvement Renaissance avait répondu présent et fourni quelques diapositives donnant des informations sur ses spécificités et son mode de fonctionnement.

    Le programme de « Pentecôte au Zénith » était bien rempli !!! Les ordinations et confirmations célébrées par Mgr Carré ont été suivies d'ateliers théâtre sur les 7 dons de l’Esprit-Saint. Les participants ont ensuite pu écouter un concert. la soirée s'est clôturée par un temps d’adoration.

    Chantal Granier, responsable de l’équipe de Montpellier, avait invité les équipes d’Aix et de Toulon à cette rencontre et les a accueillies chaleureusement dans son gîte. Ce week-end fut pour les femmes de Renaissance, riche du plaisir de se retrouver et de partager un moment de convivialité.

    Suite au diaporama projeté au Zénith, Chantal a reçu le soir même un message d’une personne intéressée. Il n’y a que nous pour parler de Renaissance. Nous savons que beaucoup de femmes attendent un soutien, un secours. Alors, n’hésitons pas à nous faire connaître, nous pouvons être la solution !!!

    Régine Fermaut, présidente du mouvement Renaissance

    Rencontre des équipes de Toulon et de Monaco à la chapelle St Clément (8 avril 2017)

    Les 2 groupes Renaissance de Toulon et une partie de l’équipe de Monaco, soit 21 femmes accompagnées de leurs 2 aumôniers, ont participé à un chemin de croix. Cette journée a été organisée le 8 avril 2017, la veille des Rameaux, afin de méditer sur la Passion de Christ dans une chapelle nichée au cœur du massif des Maures. On y accède par des routes pittoresques, serpentant dans la nature sauvage et éblouissante. Après avoir partagé un pique-nique, dans la convivialité et la bonne humeur, le groupe s’est rassemblé à l’entrée de la chapelle St Clément. Maria Esquier, guide conférencière, a proposé une temps de prière pendant le carême.

    Elle nous a fait un peu d’historique de la chapelle avant de débuter le chemin de croix. Il s’agit d’une chapelle dédiée à St Clément lui-même, premier successeur de st Pierre selon Irénée, 3e successeur de St Pierre selon Tertulien. Cette chapelle permet de redécouvrir le sens du chemin de Croix. En effet, la lumière filtrée par les vitraux (uniquement des croix) a été judicieusement choisie en fonction de chaque station et témoigne de la Résurrection. La lumière bleue pâle correspond à la phase où Jésus est calme. La lumière rouge annonce le sacrifice de Jésus qui va offrir son sang pour l’humanité. La lumière est jaune orangée lorsque Jésus tombe. La position de la Croix sur chaque vitrail est fidèle à la position de Jésus : elle est de biais lorsque Jésus porte la Croix, à l’envers lorsque Jésus est dépouillé de ses vêtements, relevée lorsqu’Il reprend sa marche et debout lorsqu’Il meurt.

    Complément : Description du chemin de Croix de la Chapelle Saint-Clément

    1ère station : le Christ est en face de ses Juges ; la lumière bleue pâle indique son calme devant sa condamnation à mort. Le triangle bleu foncé est le signe de la présence de Dieu le père qui soutient son fils.
    2e station : Jésus se met en marche, chargé de sa croix. La lumière passe au fumé ; l'atmosphère a changé, le Christ chemine tristement à la pensée que son sacrifice sera vain pour une partie de l'humanité, il n'est plus soutenu par la présence divine de la lumière bleue.
    3e station. : la croix en biais signifie la première chute du Christ ; la lumière devient rouge ; c'est l'annonce du début du drame, du sacrifice de l'homme qui va offrir son sang pour l'humanité.
    4e station : la croix est relevée, Jésus continue sa marche ; la lumière revient au jaune . Jésus a rencontré sa très Sainte Mère ; la confiance revient dans son cœur.
    5e station : un homme, Simon le Cyrénéen, aide Jésus à porter sa croix ; il se sent moins seul ; la sérénité continue à être symbolisée par la couleur jaune.
    6e station : le Christ est fatigué une pieuse femme, Véronique, s'avance vers lui pour essuyer son visage baigné de sueur, la couleur rouge signifie la fatigue du Christ qui est la fatigue de l'homme, mais la lumière bleue brille de nouveau pour rappeler la divinité de cet homme.
    7e station : Jésus tombe pour la seconde fois. L'espoir est reparti . la continuation du drame est indiquée par la lumière Jaune orangée. A ce moment, ou se trouve devant la paroi du fond de la chapelle au milieu de laquelle s'élève l'immense croix bleue. De chaque côté de cette croix à hauteur d'homme, se trouve une niche carrée de couleur rougeoyante pour rappeler la lumière qui doit briller perpétuellement devant le Tabernacle.
    Continuant par le mur latéral de droite, on trouve la 8e station : le Christ poursuit sa marche . il console les filles d'Israël qui le suivent ; le verre jaune est le signe de sa sérénité revenue ;
    9e station : il tombe pour la troisième fois ; le jaune devient orange ; mi désespoir humain l'accable ;
    10e station : la Croix renversée signifie que le Christ est allongé ; c'est le moment où on le dépouille de ses vêtements ; la lumière devient rouge le moment du plus grand drame approche ;
    11e station : On cloue le Christ sur la Croix la lumière rouge annonce l'intensité du drame.
    12e station : Jésus meurt sur la croix, redevenue verticale. Le rouge très foncé signifie que le Christ vient de verser son sang pour l'humanité.
    13e station : le drame est terminé ; Jésus est déposé de la Croix et remis à sa mère ; la lumière est devenue d'un bleu serein ; seul Dieu est là ;
    14e station : c'est la mise au tombeau, le moment le plus pur; la lumière est d'un bleu céleste, le triangle bleu de Dieu est toujours là.

    Dans son exhortation apostolique « La joie de l’amour », le pape François propose une méditation sur la lettre de St Paul aux Corinthiens (1Co 13, 4-7) (l’hymne à la charité).
    Voici un résumé de cette méditation.
    Bonne lecture !
    Régine Fermaut

    « La charité est patiente
    La charité est serviable
    Elle n’est pas envieuse
    La charité ne fanfaronne pas
    Elle ne se gonfle pas
    Elle ne fait rien d’inconvenant
    Ne cherche pas son intérêt
    Ne s’irrite pas
    Ne tient pas compte du mal
    Ne se réjouit pas de l’injustice
    Mais elle met sa joie dans la vérité
    Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout »

    La grâce du sacrement du mariage est destinée avant tout à perfectionner l’amour des conjoints. Le mot amour, l’un des plus utilisés, semble souvent défiguré. L’hymne à la charité de St Paul se vit et se cultive dans la vie que partagent tous les jours les époux entre eux et avec leurs enfants.

    LA PATIENCE
    Ce n’est pas simplement « qui supporte tout ».
    Cela se révèle quand la personne ne se laisse pas mener par les impulsions et évite d’agresser.
    La patience de Dieu est un acte de miséricorde envers le pécheur et manifeste le véritable pouvoir.
    Avoir patience, ce n’est pas permettre qu’on nous maltraite. Le problème survient lorsque nous exigeons que les personnes soient parfaites, alors tout nous impatiente.
    La patience se renforce quand je reconnais que l’autre aussi a le droit de vivre sur cette terre, près de moi, tel qu’il est. Peu importe qu’il ne soit pas tout ce que j’espérais.
    L’amour a toujours un sens de profonde compassion qui porte à accepter l’autre, même quand il agit autrement que je l’aurais désiré.

    ATTITUDE DE SERVICE
    La patience n’est pas une attitude passive. Elle est accompagnée par une réaction dynamique et créative face aux autres. La patience montre que l’amour bénéficie aux autres et les promeut . C’est pourquoi elle se traduit comme serviable.
    Le sens du verbe « aimer » en hébreu c’est « faire le bien ».
    L’amour doit se mettre plus dans les œuvres que dans les paroles.
    Il nous permet d’expérimenter le bonheur de donner disait St Ignace de Loyola.

    L’AMOUR N’ENVIE PAS
    Alors que l'amour nous fait sortir de nous-même, l'envie nous porte à nous centrer sur notre moi.Le véritable amour valorise le succès d'autrui, il se libère du goût amer de l'envie.Il accepte que chacun aie des dons différents et des divers chemins dans la vie. J'aime cette personne, je la regarde avec le regard de Dieu qui nous offre tout, et j'accepte qu'elle puisse jouir d'un bon moment.

    SANS FAIRE ETALAGE NI FANFARONNER
    Celui qui aime, parce qu'il est centré sur les autres, sait se mettre à sa place, sans prétendre être au centre. L'amour n'est pas arrogant. Certains se croient grands parce qu'ils sont plus instruits que les autres. Mais c'est l'amour qui comprend, qui protège, qui nous rend grand.
    « La science enfle alors que la charité édifie »
    La logique de domination des uns sur les autres ou la compétition met fin à l'amour.

    AMABILITE
    Être aimable fait partie des exigences indispensables de l'amour.
    Chaque jour, entrer dans la vie de l'autre, même quand il fait partie de notre vie, demande la délicatesse d'une attitude qui n'est pas envahissante, qui renouvelle la confiance et le respect.
    L'amour, plus il est intime et profond, exige encore davantage le respect de la liberté et la capacité d'attendre que l'autre ouvre la porte de son cœur .
    Pour se préparer à une véritable rencontre avec l'autre, il faut un regard aimable porté sur lui.
    Cela n'est pas possible quand règne un pessimisme qui met en relief les défauts et les erreurs de l'autre.
    Celui qui aime est capable de dire des mots d'encouragement qui réconfortent, qui fortifient, qui consolent, qui stimulent.

    DETACHEMENT
    Pour aimer les autres il faut premièrement s'aimer soi-même.
    Celui qui est dur pour soi-même, pour qui serait-il bon ?
    Mais l'amour de soi-même n'est pas plus noble que le don de soi aux autres.

    SANS VIOLENCE INTERIEURE
    L'indignation est saine lorsqu'elle nous porte à réagir devant une grave injustice, mais elle est nuisible quand elle tend à imprégner toutes nos attitudes(de défensive) devant les autres.
    Sentir la force de l'agressivité qui jaillit est une chose, y consentir en est une autre.
    « Emportez-vous, mais ne commettez pas de péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère »(Ep 4,26)
    Comment faire la paix ? Un petit geste, une petite chose et l'harmonie familiale revient.

    LE PARDON
    Le pardon se fonde sur une attitude positive, qui essaie de comprendre la faiblesse d'autrui et cherche à trouver des excuses à l'autre personne.
    La tendance est de chercher toujours plus de fautes, d'imaginer toujours plus de méchanceté de sorte que la rancœur s'accroît progressivement.
    Personne ne dit que le pardon est facile. Nous savons aujourd'hui que pour pouvoir pardonner, il faut passer par l'expérience libératrice de nous comprendre et de nous pardonner nous-même.
    Cela suppose l'expérience d'être pardonné par Dieu, justifié gratuitement et non pour nos mérites.
    Si nous acceptons que l'amour de Dieu n'est ni à acheter ni à payer, alors nous pourrons aimer par dessus tout, pardonner aux autres.

    SE REJOUIR AVEC LES AUTRES
    Celui qui a toujours besoin de se comparer, ou qui est dans la compétition, ne peut se réjouir du bien de l'autre et valoriser ses capacités.
    Quand une personne qui aime, peut faire du bien à une autre, elle le vit avec joie ; « Dieu aime celui qui donne avec joie »(2Co 9,7)

    L'AMOUR EXCUSE TOUT
    La liste est complétée par 4 expressions qui parlent d'une totalité : « tout »
    Excuse tout, croit tout , espère tout, supporte tout.
    Ainsi est mis en évidence avec force, le dynamisme propre à la contre-culture de l'amour, capable de faire face à tout ce qui peut menacer.
    « L'amour excuse tout » c'est différent de « ne tient pas compte du mal ». La parole de Dieu nous demande de ne pas porter atteinte à l'image de l'autre, c'est une manière de se vider de ses rancœurs. L'amour a souci de l'image de l'autre avec une délicatesse qui conduit même à préserver la bonne réputation des ennemis.
    Les époux qui s'aiment essaient de montrer le bon coté du conjoint. Ils gardent le silence pour ne pas nuire à son image. Ce n'est pas la naïveté de celui qui prétend ne pas voir les difficultés et les points faibles de l'autre, mais la perspicacité de celui qui replace ces faiblesses et ces erreurs dans leur contexte. Il se rappelle que ces défauts ne sont qu'une partie, non la totalité de l'être de l'autre.
    Un fait désagréable de la relation n'est pas la totalité de cette relation.
    Nous sommes tous un mélange complexe de lumières et d'ombres.
    L'amour cohabite avec l'imperfection, il l'excuse et il sait garder le silence devant l'être aimé.

    L'AMOUR FAIT CONFIANCE
    On ne doit pas comprendre cette foi dans le sens théologique, mais dans le sens courant de la confiance. Il ne s'agit pas seulement de ne pas suspecter de me mentir ou me tromper.
    Cette confiance de base reconnaît la braise qui brûle encore sous la cendre.
    L'amour fait confiance, il préserve la liberté, renonce à tout contrôler, à posséder, à dominer.
    Cela favorise la sincérité et la transparence. Car lorsque quelqu'un sait que les autres ont confiance en lui, et valorisent la bonté fondamentale de son être, il se montre alors tel qu'il est, sans rien cacher.
    Une famille où règne fondamentalement une confiance affectueuse, fait la véritable identité de ses membres, la fausseté et le mensonge sont rejetés.

    L'AMOUR ESPERE
    Il ne désespère pas de l'avenir, c'est l'espérance de celui qui sait que l'autre va changer.
    Cela ne signifie pas que tout va changer dans cette vie. Cela implique d'accepter que certaines choses ne se passent pas comme on le désire, mais que peut-être Dieu écrit droit avec des lignes courbes. L'espérance inclut la certitude d'une vie au-delà de la mort.

    L'AMOUR SUPPORTE TOUT
    Supporter n'est pas seulement tolérer.
    C'est une résistance dynamique et constante capable de surmonter tout défi.
    L'amour manifeste une option pour le bien que rien ne peut abattre .
    Martin Luther King disait : »celui qui te hait le plus a quelque chose de bon en lui »
    Dans la vie de famille, il faut cultiver cette force de l'amour qui permet de lutter contre le mal qui la menace. L'idéal chrétien, et particulièrement dans la famille est un amour en dépit de tout.
    J'admire parfois l'attitude des conjoints qui ont dû se séparer pour se préserver de la violence physique, et qui cependant, par charité conjugale qui sait aller au-delà des sentiments, ont été capable de leur faire du bien, même si c'est à travers d'autres personnes...
    Cela aussi est de l'amour en dépit de tout.

    "Etincelles sur le Mystère de Noël" à méditer

    "Noël, cette révélation de la Pauvreté de Dieu, ce Mystère de la grandeur dans la désappropriation totale".
    (Maurice Zundell)

    "Noël est le monde à l'endroit, le vrai monde. Le coeur de l'histoire est en notre petitesse qui n'est pas mesquinerie, mais liberté à grandir autrement...
    dans le battement du Fils .
    (Soeur Véronique Margron)

    "L'oeuvre la plus chère au coeur de Dieu est qu'il puisse faire naître son Fils en toi.
    Même si le Christ naissait 1000 fois à Bethléem, s'il ne naissait pas en toi, tu serais perdu à jamais."
    (A Silesius, 17e siècle)