rencontre de l’équipe de Rouen le 3 novembre 2020

OSER DÉCIDER

Le courage de décider :

     Pour décider, quelque chose doit nous donner l'envie d'aller de l'avant. Il va falloir être capable de lâcher une situation dans laquelle nous nous trouvions installés, pour entrer dans un état instable, inédit, mais parce qu'un projet, une foi, une confiance, une perspective nous met en route. C'est de l'ordre de la création, de la nouveauté.

     Loin d'effrayer, cet exemple montre que prendre une décision, c'est aussi prendre le parti d'être soi-même touché, travaillé de l'intérieur.

     Quand on prend une décision, on n'a pas toujours conscience - et fort heureusement - de tout ce que cela va modifier en nous. Notre décision volontaire va nous entraîner involontairement dans un mouvement de transformation. Non seulement il y a parfois, au départ, une bonne dose de courage pour prendre sa décision, mais il se peut bien qu'il faille se mobiliser pour recevoir ce que la décision va produire, pour <<encaisser>>, peut-on même dire en cas de profond bouleversement. Avant même de décider, c'est une dimension inévitable à prendre en compte, et qui a tout son intérêt, mais souvent négligé: la décision va nous mener là où nous ne le pensions pas forcément au départ.

     Nous sommes dans l'impossibilité de prévoir toutes les conséquences d'une décision. Cette évolution peut parfois s'avérer à la fois dynamisante et éprouvante, et peut appeler à de nouvelles décisions pour adapter notre aspiration profonde à la réalité. Le désir premier est toujours présent, moteur de l'action, mais se trouve modifié, comme soumis au concret de l'existence.

     Accepter ce que la décision transforme en nous permet souvent de grandir.

     Il ne faut pourtant pas enjoliver l'existence: il arrive que certaines conduites transforment l'individu, mais en abîmant quelque chose en lui.

Décider devient créateur

     A l'issue de notre réflexion, il s'avère que décider n'est pas forcément chose facile. Pour autant, nous ne cessons de prendre des décisions, et nous avons vu comment celles-ci sont l'expression d'une liberté humaine à exercer au fil des jours.

     En effet, une décision n'est jamais parfaite en elle-même. Elle est sans cesse à reprendre, à retravailler. Nous passons notre vie à nous réorienter; non pas qu'il y ait, par définition, de fausses décisions, mais nos décisions sont sans cesse à réajuster pour approcher au plus près de notre aspiration profonde. Une décision engage notre liberté et oriente; et c'est la succession de décisions libres qui dessine une existence unifiée.

     Il peut y avoir un coté rassurant à suivre un cadre prédéfini pour accéder au bonheur que nous présentons, mais les idées trop arrêtées vont certainement être plus durement confrontées à la réalité de l'existence. Ainsi, aussi curieusement que cela puisse paraître, décider va ouvrir des possibles, faire surgir de l'imprévu. Décider sera aussi lâcher prise, accepter de se laisser surprendre dans une démarche qui ouvre un avenir. Décider devient créateur.

     Le signe d'une bonne décision n'est pas toujours facile à entrevoir: il n'est pas lié à une certaine facilité d'être ou un bonheur garanti. Décider se révèle être la capacité de l'homme à prendre des risques dans un choix conscient.

     Dans le proche, il y a tout un lointain. Le jour d'aujourd'hui nous est donné, et c'est sur l'heure du jour que nous avons prise: c'est une invitation à être des journaliers de l'avenir, c'est-à-dire d'inscrire le présent dans une perspective qui nous dépasse.

     Ainsi est-il donné à chacun dans ses décisions de femme libre de choisir aujourd'hui sa vie.

texte proposé et animé par Béatrice Fourcade

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