réunion de Rouen a eu le 3 décembre 2019

La joie

Une boussole qui indique le large

Nous sommes faits pour la joie. La retrouver, la cultiver, l'apprendre, c'est entrer dans "les mœurs de Dieu."

La joie dilate la respiration, la colère, la peur et la tristesse la contracte.

"Dès que la joie se lève, tout s'élargit. Notre respiration se fait plus ample, notre corps de redresse et nous voudrions sauter,bondir,courir,danser", souligne le philosophe Jean-Louis Chrétien dans son ouvrage la joie spacieuse, Essai sur la dilatation. Avec la joie, l'existence retrouve sa boussole. En effet, elle porte en elle une vocation: réveiller,dilater,ouvrir et rappeler qui nous sommes et vers qui nous allons. Presque tous les enfants sont joyeux. Ils ne savent pas pourquoi, c'est constitutif à leur nature. Comme elle est "une chose dont personne ne peut se dire sans expérience", nous la retrouvons dans notre mémoire et la reconnaissons. La mémoire de la joie est pour l'avenir, pour mieux aimer et servir. Qui dit joie, dit Dieu, d'une certaine façon. Si la source de la joie est Dieu, et si nous avons perdu la joie, cela signifie que nous sommes aux abonnés absents, sans direction, sans gouvernail,errants dans le vague. La joie dans la prière naît de l'amitié de Dieu, l'amitié des autres. Si Dieu est amour, il est joie aussi, si nous croyons en Lui cela veut dire que nous sommes habités par son amour et aussi par sa joie. Retrouver la joie, la cultiver, l'apprendre, c'est finalement entrer dans les "mœurs de Dieu", dans sa manière d'être avec nous, car elle est contraire de l'individualisme et de l'égoïsme. La joie est donc le signe visible de notre vie spirituelle, c'est à dire de notre vie avec Lui.

Nous sommes faits pour la joie, et lorsque je suis au cœur de ma joie, je suis là où je suis, ce que je suis vraiment: un être de joie fait pour la joie. Saint-Augustin nous indique le chemin, toujours dans les confessions: l'Esprit-Saint est le " poids" qui mène le cœur de l'homme vers le lieu de son repos et de sa joie. Celui qui demeure dans la joie demeure aussi en Dieu.

Sœur Catherine AUBIN

"Aucun artifice n'entache l'origine de la joie, ni n'entre dans la composition. Sa grâce, son secret, son mystère, c'est qu'elle est donnée."

le frère F. Cassingena-Trévedy

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