réunion de l’équipe de Rouen le 4 février 2020

Gâchis ou échec ?

Cela demande du temps pour prendre conscience que le mot " échec", si difficile à accepter, peut mener vers un trésor.

Cela peut sembler curieux, mais l'idée de considérer mon divorce comme un échec ne m'est pas venue par moi-même: il a fallu que mon médecin, environ 2 années après le départ de mon ex-mari, me pose cette question pour que je prenne conscience qu'il y avait bien un côté "échec" dans le naufrage de mon mariage. Une fois cette idée présente, elle est malgré tout restée au stade de l'idée; une idée à laquelle je ne pouvais souscrire pour moi personnellement. En y réfléchissant, il se peut que ce soit là une question de génération : je n'ai pas eu à avoir honte de ce divorce, ni à m'en sentir humiliée. Les personnes divorcées n'étaient, à ce moment-là, déjà plus montrées du doigt par leur entourage, ni condamnées ou considérées comme incapables de tenir leur ménage.

Certes, la douleur et la souffrance étaient énormes et omniprésentes, surtout pendant la première année de notre désunion. Mais je vivais la séparation beaucoup plus comme un gâchis qu'un échec ; oui, un énorme gâchis.

Mais voilà,il fallait continuer, avancer même. Avec les débris qui restaient,et faire au mieux avec ce peu. Ce peu qui, dans le même temps, était si important et imposant, précieux,voire sacré et vulnérable à la fois : mes enfants. C'est clairement pour eux que j'ai trouvé la volonté de survivre. Cela dit, la seule volonté ne suffit pas. Pour avancer, il faut aussi la force - nécessaire et indispensable.

Mais je n'en avais plus, plus rien. Après ce choc, ce véritable tremblement de terre qu'avait été ce divorce, je me suis sentie vidée, profondément ébranlée, trahie, rejetée, abandonnée. Jetée.

Au rebus dans un gigantesque trou

C'est là que j'ai entendu quelqu'un qui disait : " Et si tu es dans le noir le plus absolu, ouvre toutes grandes les oreilles pour bien écouter et tu entendras quelque chose qui sera précieux pour toi et pour quelqu'un d'autre quand tu seras sortie de ta traversée des ténèbres." Par chance,cela ne réclame pas de très gros efforts que de bien écouter. Et j'ai entendu. Entendu la Parole vivante : " Tu es mon enfant et tu as du prix à mes yeux". Parole vivante, vivifiante, qui donne vie et envie. Sans elle, sans l'aide du seigneur, je ne sais pas ce que je serais devenue, si ce n'est qu'un tas de misère et de déprime ambulant.

Il était là

Il a su m'en préserver. Il était là et il est toujours là tout au long de ces années de difficile construction et de reconstruction : éducation et études de mes enfants ( aujourd'hui adultes, dans la vie active et mariés), reconstruction de ma vie professionnelle négligée pendant plusieurs années au profit de ma famille et , enfin, reconstruction de moi-même (mais là, je crois qu'il s'agit d'un chantier ouvert jusqu'au bout...).

Le seigneur était présent, et le résultat dépasse de loin tout ce que je pouvais imaginer. Il était présent, partout et tout le temps, sous différents aspects, avec toujours le mot gentil ou la phrase encourageante juste au bon moment, que ce soit dans les lectures bibliques, dans le discours de personnes autour de moi ou dans des livres et articles (souvent ceux de ce journal) qui se trouvaient sur mon chemin - et comme par hasard - juste au moment précis où j'en avais besoin. Il est là. Il faut juste Lui permettre de se rendre présent, l'inviter à se faire proche, Lui répéter combien est grand notre désir d'apprendre à L'aimer. A L'aimer gratuitement, comme Il nous aime.

Une fois un tel trésor trouvé, comment parler encore d'échec ?

Carmina

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