l’équipe de Rouen s’est réunie sur le thème » la Peur » le 1 octobre 2019

 LA PEUR

 Elle nous paralyse et nous rend aveugle mais il faut avoir le courage de l’apprivoiser et de l’accueillir dans la foi et la confiance.

« Quelle est notre plus grande peur ? » demande Jean Vanier lors d’une interview .

Chaque  émotion enracinée au plus profond. Il en va de notre croissance et de notre fécondité de l’accueillir , de l’accepter et de l’apprivoiser .

«  J’ai pris peur parce que je suis nu et je me suis caché » répond Adam à la demande de son Seigneur «  Où es-tu » (Gen3,9-10 )

Ce sont des réponses et une question qui nous convoquent . Pour la première fois dans la Bible, l’homme parle à la première personne et dit «  j’ai peur » Cette prise de parole

est une reconnaissance de sa honte et de son manque de confiance .

Il a peur de Dieu ou de l’idée qu’il s’est fait de Lui . Dans une sorte de vertige , il vacille et sort de son «  jardin »et de son équilibre intérieur pour se tourner vers l’obscurité . Il cède à la peur de perdre et de manquer et cela le déshumanise : le Seigneur Dieu est devenu un rival et par conséquent tous les autres aussi .

Cette peur de l’Autre inscrite dès les premiers chapitres de la Bible met en évidence  certains mécanismes qui en découlent , à savoir la tristesse , la colère , liées parfois à la peur de déplaire ou encore à la crainte de ne pas être à la hauteur .

La peur aveugle et paralyse .

En temps de guerre , elle est parfois le moteur d’actions graves comme trahir son meilleur ami ou faire condamner des proches . Voici ce que disait Etty Hilesum ; « Cette peur de ne pas tout avoir dans la vie , c’est justement elle qui nous fait tout manquer » . A aucun moment dans l’Evangile, Jésus condamne ou reproche la peur de ses disciples , IL leur montre leur peu de foi ou de confiance . Cela ne sert à rien d’accuser les autres d’avoir peur ou de s’accuser soi-même.

Il nous faut avoir le courage d’avoir peur et confiance en même temps , et vivre ce paradoxe pleinement et sans naïveté : «  Seigneur, qu’ils sont nombreux mes adversaires ‘ mes oppresseurs . Mais toi , Seigneur , mon bouclier , Tu tiens haute ma tête » (ps 3, 2-4 ) .

 

Sœur  Catherine Aubin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *