Vivre le regard (père Guy de LACHAUX)

Le divorce est un séisme, même s’il se « passe bien ». C’est un séisme qui ébranle tout: rien, ni personne n’en sort indemne. Certaines choses sont détruites, d’autres restent très ébranlées, d’autres tiennent encore parce que les fondations étaient plus solides.

Ce séisme atteint
- l’organisation matérielle du couple et de la famille
- l’équilibre psychique et affectif, surtout la confiance en soi : « Il (elle) ne me regarde plus, je ne compte plus, je ne suis plus aimé(e), donc je ne suis plus aimable »
- l’équilibre relationnel : la plupart des amis, ne voulant pas prendre parti, fuient.
- l’équilibre spirituel : certaines personnes n’osent plus entrer dans une église.

Ce qui est le plus touché c’est l’identité de la personne : qui suis-je maintenant ? Quel sens à ma vie ? Pour qui dois-je encore vivre ?

Il y a un ressort de la vie qui est atteint, c’est la confiance en soi, en l’autre, en la vie, en l’avenir, en Dieu.

Sur le chemin de la reconstruction, il y a des « faux sentiers ».
- se replier totalement sur soi
- se laisser emporter par trop d’activités
- se remettre trop vite en couple

Le seul vrai sentier est certes difficile : il faut accepter de refaire consciemment le chemin de son malheur, accepter de poser un regard sur ce qui s’est passé, essayer d’analyser pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné.
Il faut regarder son histoire, laisser Dieu me regarder avec mon histoire, laisser l’autre me regarder avec mon histoire.

Les regards nous accompagnent toute notre vie. Certains regards font douter et peuvent détruire. D’autres construisent et font espérer : le regard affectueux des parents construit l’enfant ; le ragrd des parents, doux ou sévère, nous poursuit toute notre vie.
Et le regard de Dieu ? Certains le redoutent, d’autres y retrouvent vie.

Quel était le regard de Jésus-Christ sur les gens ?
Les quatre évangélistes insistent sur l’importance du regard de Jésus sur ceux qu’il rencontrait. Ce n’est jamais un regard de jugement, c’est un regard qui redonne vie.

Méditation de passage biblique (Lc13,10-17) : la femme courbée.

Cette femme n’est pas nommée. Elle symbolise l’humanité souffrante. Cette femme courbée ne pouvait regarder que ses pieds depuis 18 ans. Elle ne pouvait croiser aucun regard. Elle était sûrement noyée dans la foule des femmes venues à la synagogue et pourtant Jésus la voir. Jésus voit surtout ceux que les autres ne voient plus. Jésus traverse la foule, s’approche et la touche. Elle se redresse. Elle peut enfin croiser le regard des autres et son premier regard s’est posé sur Dieu.
Le chef de la synagogue ne « voit » que la Loi du Sabbat à respecter. Le regard de Jésus sur ses détracteurs les remplit de honte. Quant à la foule, en voyant ce signe, elle se réjouit.
Dans ce tout petit passage, le lecteur de la Bible se rend compte de l’importance des regards.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009,

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