Retrouver la paix : par quels chemins ? (père Guy de LACHAUX)

La Paix est un thème récurrent dans les Evangiles. Dès la naissance de Jésus (Lc 2,1-4) les Anges louent Dieu « Gloire à Dieu et Paix sur la terre aux hommes objets de sa complaisance ». La Paix aux hommes fait la gloire de Dieu. Après le divorce, comme après toutes les turbulences de la vie, s’impose le besoin de sérénité, d’apaisement, d’harmonie intérieure.

Trois pistes sont nécessaires pour avancer vers la Paix, qui n’efface pas les souffrances mais permet de les appréhender autrement.
- oser faire la vérité
- oser le pardon
- retrouver le chemin de la confiance

-1ère piste : oser faire la vérité « La vérité fera de vous des hommes libres » Jn 8,32

Oser rechercher la vérité c’est trouver des chemins de liberté. Face à la déstructuration du divorce, certain(e)s cachent, enfouissent la vérité sous un couvercle. D’autres s’étourdissent par trop d’activités.

Il faut oser regarder la vérité et oser traverser la mort du divorce pour retrouver la vie, lutter contre ce cancer qui ronge le coeur.
Ce chemin ne peut pas être parcouru seul(e) sinon on tourne en rond. Ne pas être seul, ce la veut dire qu’il faut trouver au moins une personne qui écoute, ou ce qui est mieux, un groupe de parole. Il faut ouvrir un espace de parole pour verbaliser son histoire.

Dans le récit des pèlerins d’Emmaüs (Lc 24,13-35), Jésus, très habilement, pose une question qui va déclencher leur parole. Ils expriment leur mal-être et Jésus les écoute.
Il faut que la souffrance sorte sinon elle étouffe. Parler fait prendre de la distance avec la souffrance. Parler c’est se raconter, laisser monter son émotion pour l’exprimer, dire sa colère, son désarroi, ses incompréhensions, sa rancoeur, ses avancées , ses découvertes.

Parler en groupe permet de se faire éclairer par l’histoire des autres, tout en sachant que personne n’a la solution à la place de l’autre. Lentement va se mettre en place un chemin de vérité. Et sur ce chemin, l’Église dévoile son trésor -la Parole de Dieu- qui s’adresse déjà aux malades, aux blessés, aux souffrants. Les foules suivaient Jésus parce que de lui émanait une puissance de guérison soutenue par la Parole.

La Parole de Dieu doit être au centre de ces groupes qui accompagnent les personnes en souffrance.

La Parole de Dieu nous questionne, nous met en mouvement, nous structure, déplace notre conscience, nous donne la force de Dieu pour nous relever.

Pour accompagner les personnes divorcées, il faut
- aller vers elles, les rejoindre comme Jésus avec les Pélerins d’Emmaüs, car souvent elles se cachent.
- les écouter
- avoir et donner le goût de la Parole de Dieu

La confiance et la vérité partagées dans ces groupes libèrent de ce qui ligote et empéche de vivre.

2ème piste : oser le pardon

Le Pardon est une question difficile : ce n’est pas une question de morale, c’est une question d’égoïsme. La pardon libère de cette histoire qui gangrène – le pardon c’est déjà pour moi !

La pardon doit venir de moi, sans attendre quelque chose de celui (celle) qui m’a blessé(e). Mais le aprdon n’est pas possible au début car il ne peut s’envisager que sur les chemins du deuil.

A vue humaine, le pardon peut être impossible. C’est pourquoi le christ invite à une prise de conscience
- le pardon, nous avons déjà à le recevoir pour nous. Ce sont les paraboles de « la paille et de la poutre » (Lc 6,39-42) et du débiteur impitoyable (Mt 18,23-38). Dans ces récits, Jésus nous dit « regarde toi et fixe le pardon que tu vas recevoir ».

Pour cheminer vers le pardon, il faut regarder Dieu, car le pardon est au coeur de Dieu qui, Lui, sait pardonner à l’infini (Mt 18,23 – pardonner 70 fois7 fois).
C’est la belle parabole du fils prodigue (Lc 15,11-32). Pour revivre, il faut pardonner mais en passant par la « petite porte » - confier l’autre à Dieu dans la prière et demander à Dieu de pardonner à notre place. Le pardon est un cadeau que l’on fait déjà à soir et c’est un cadeau que l’on attend longtemps.

3ème piste : retrouver le chemin de la confiance

Pour cela, il faut relire l’itinéraire de Pierre. Pierre a confiance ne Jésus mais encore plus en lui-même. Il se sent propriétaire de la destinée du Christ. Pierre dit à Jésus qu’Il est le Fils de Dieu (Mt 16,16) et Jésus le fait chef de son groupe (Mt 16,17-19) mais, à la première annonce de la Passion, Pierre s’oppose à Jésus : « Cela ne t’arrivera point » (Mt 16,22). Alors Jésus l’interpelle « Arrière Satan, tu me fais obstacle » (16,23).
Puis, au chapitre 26 de Matthieu, Pierre, toujours sûr de lui, assure que lui ne trahira jamais son maître (26,31-33 et 35) et c’est l’annonce de son reniement (v 34).
Effectivement, Pierre va fuir (26,56) et renier le Christ (26,69-75).
Mais Jésus va rétablir Pierre dans son rôle de chef de l’Église au bord du lac de Tibériade. Tois fois, il lui demande « m’aimes-tu ? » et trois fois il lui redonne la mission d’être le Pasteur de son troupeau (Jn 21,15-17).
Jésus fait confiance de nouveau à Pierre qui retrouve toute sa confiance en lui. Jusqu’au bout, il accomplira sa mission.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009

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