LA RENCONTRE DE ROUEN A EU LIEU LE 8 JANVIER 2019 SUR LE THÈME : « LES ÉPREUVES, UNE PIERRE POUR GRANDIR ».

TOUJOURS TRAUMATISANT, LE DIVORCE FAIT POURTANT MÛRIR LES ENFANTS.

Personne ne recherche les épreuves dans la vie, sauf s'il souffre d'une pathologie psychique. Les enfants encore moins que les autres. Ils nourrissent leur force vitale de la joie et de la sécurité qui les entourent. Un deuil proche, un déménagement, un divorce leur font l'effet d'une tornade.Ces événements mettent à mal leur univers et les fragilisent. En tant que parents, nous aimerions les en préserver. En même temps, c'est à travers les difficultés vécues avec eux que nous forgeons la capacité à rebondir dans la vie, à assumer leur lot d'épreuves. Ne banalisons pas les effets d'un divorce, c'est toujours un traumatisme, mais ne le diabolisons pas non plus. Il est souvent l'aboutissement de beaucoup de souffrances, une décision prise quand on sent ses limites de résistance atteintes.

TRANSFORMER EN UN OUTIL DE VIE

Il est un choc profond pour les enfants, mais il peut être transformé en un outil de vie. Voici quelques exemples pris dans ma pratique clinique :
"Depuis que papa et maman ne sont plus ensemble, je vois papa et je discute avec lui; c'est hyper chouette. Avant, il rentrait toujours fatigué et c'est maman qui me parlait. Elle disait " nous avons décidé, nous pensons.Maintenant chacun dit "je". Je vois bien quand ils ne sont pas d'accord. Moi, j'aime mieux, au moins je sais ce que chacun pense !" Jérémie a neuf ans. Quand les parents acceptent de discuter avec leurs enfants sans les prendre à partie, ils leur permettent d'acquérir beaucoup de maturité et de réflexion. Ils accèdent aux difficultés du monde adulte, apprennent à réfléchir."Ma mère, elle est partie avec son cousin. C'est pas bien, oui mais mon père, il était jamais là, alors moi je comprends". Julie, huit ans, ne veut pas juger, juste comprendre les bons repères : ne plus être seule, ou rester fidèle?

LE DIVORCE OBLIGE L'ENFANT A INVESTIR AUTREMENT SES PÔLES AFFECTIFS.

L'école, les loisirs, les animaux vont prendre une place centrale, ouvrant ses centres d’intérêt.Etre vigilant à ne pas rajouter un déménagement à ce moment-là, à privilégier ses amitiés l'aide à se créer un univers à lui, essentiel pour sa reconstruction à lui. "Moi je ne sors plus. Depuis que mon père est parti, je sais que ma mère pleure tous les soirs, alors, je reste. "Guillaume a treize ans. Se replier, servir d'étayage à ses parents sont des comportements négatifs. A l'adulte de faire attention à ne pas se reposer sur son fils ou sa fille.

Les styles de vie, les règles vont se modifier ou se multiplier selon les alliances. Les enfants aiment voir les différences. Ils comparent, font leur choix. Cela montre que plusieurs modes de vie sont possibles. Par contre, attention aux injustices entre enfants et beaux enfants, elles ne sont jamais constructives.

Même au milieu d'une grande souffrance, les parents ne doivent jamais oublier qu'ils sont au service de leur enfants. Ces derniers ne sont qu'ouverture et bienveillance pour leurs deux parents. Aux adultes de ne pas gâcher cela. Alors, les enfants seront un chemin de vie, de ressourcement pour leurs aînés, tant leur capacité à vivre le meilleur est géniale.

Genevièvre de Taisne, psychanalyste, thérapeute d'adultes et d'enfants. Octobre 2004

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