Rencontre de l’équipe de Rouen le Mardi 6 Novembre 2018

IL FAUT TOUT RECONSTRUIRE

       Quand il faut tout reconstruire, une présence permet de ne pas dériver trop loin.

Comment décrire la souffrance de cette épreuve, si on ne l'a pas vécue ?

Il est absolument impossible de décrire la souffrance que l'on traverse. Seuls, ceux qui sont passés par ce type d'épreuves peuvent " entendre" et, un peu comprendre ce que cela signifie.

Non seulement je ne pensais absolument pas que l'on pouvait souffrir autant, mais surtout je n'imaginais pas la profondeur, l'intensité, la violence de la douleur : une douleur qui vous fait préférer je ne sais quelle mutilation, bras ou jambe, plutôt que ça !

En effet, la blessure dont je parle est d'un tout autre ordre : elle atteint le lieu qui est le tout de la vie : L'amour, le sens de sa vie.

Je comprends les personnes qui, après un divorce, se suicident ; ou qui et c'est la même dérive, sombrent dans l'alcool, la drogue ou la prostitution : "je ne vaux plus rien ! A quoi bon continuer à vivre ! "

Personnellement, j'ai fait l'expérience de vivre à côté de mes pompes, de ne plus savoir qui j'étais : mon médecin m'a mise sous antidépresseurs ; je ne me reconnaissais plus. Aujourd'hui, je veux témoigner humblement et en vérité que l'on peut toutefois s'en sortir ; certes, ce n'est pas facile, ce ne sera plus jamais comme avant. Ce sera radicalement différent ! il faut tout reconstruire.

Mais la foi en Jésus Christ au sein de telle épreuves est une force dont on n'a pas idée!

Dans ces épreuves, les amis se révèlent. Les "vrais", celles et ceux qui, souvent mieux que la famille, sont là tout simplement, quand il faut, au moment opportun, sans forcément beaucoup de paroles, une présence, simple, ajustée ; quelque chose qui sonne juste, qui sonne" vrai", généreux, en toute discrétion et efficacité, quand les problèmes matériels, administratifs, judiciaires vous submergent...

Ces amis m'ont aussi stimulée dans la poursuite d'une activité professionnelle et permis de retrouver à nouveau l'estime de soi ! Et c'est beaucoup !

" Je trouve quel sens donner à ma blessure"

Et puis, je veux vous parler des "témoins de l'espoir" : Un lieu d'accueil, un lieu d'amitié, un lieu de solidarité. On retrouve le goût de partager un jus de fruit, un gâteau, et à travers ces symboles, partager l'essentiel : sa propre existence.

"On peut même ré-apprendre à prier entre nous"

"Cette blessure, seigneur, je sais bien que je l'aurai toute ma vie ; mais je sais maintenant quel sens lui donner. Je sais même que ma cicatrice, si souvent fragile, m'apprend aussi à mieux aider celles et ceux qui traversent les épreuves de la vie même si je me garde bien de parler de moi. Pourtant, je pense qu'en agissant ainsi, je ne suis pas très loin de l' " Évangile".

témoignage de Christiane

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