JOURNEE SeDiRe Avril 2013 à LILLE

Dans le Nord, des femmes de Renaissance ont eu l'occasion de participer à la journée SeDiRe, le 7 avril 2013 à LILLE, avec Monseigneur Noyer, ancien évêque d'Amiens. Elles vous restituent les moments forts de cette journée.

"Cette journée nous offre un moyen de chercher une cohérence pastorale, à partir de la parole d'un évêque et pour l'ensemble de l'Eglise." (R Delecroix, délégué à la Pastorale Familiale du diocèse)
"Le divorce, c'est une rupture avec le conjoint, mais pas seulement: c'est aussi une rupture avec l'Eglise, d'où une double peine. Le divorce, c'est une rupture avec tout, sauf avec Dieu. La mort de Jésus est inconditionnelle; elle dépasse toutes les ruptures et toutes les morts". (Fabienne, responsable SeDiRe, divorcée-remariée).

Intervention de Monseigneur Noyer.

J'avais envie de regarder ce que les hommes vivent. Nommé évêque, je me suis dit qu'il fallait faire avancer la question des divorcés-remariés. J'espère que l'Eglise a quand même atteint un niveau plus pastoral, montrant le regard du Christ posé sur nous, qui est une Bonne Nouvelle.

Il existe deux types de relations entre les hommes: l'ordre des sentiments (promesse) et l'ordre de la loi (contrat). Le mariage est au coeur de ces deux ordres. La Bible mélange toujours l'aspect promesse (Abraham) et l'aspect contrat (Dieu donne une loi à Moïse).

Mais Jésus dit que la loi n'est qu'un instrument. Ce qui est plus profond, c'est l'amour. L'Eglise, en célébrant le sacrement de mariage, célèbre une promesse humaine comme étant le signe de l'Amour de Dieu....une trace de Dieu.Elle a raison de célébrer ce qu'il y a de beau dans cet élan des coeurs. C'est de l'ordre de la promesse folle ("je t'aimerai sans condition"). Lorsque je célèbre un mariage, je célèbre une utopie.

L'Eglise doit aider l'histoire d'amour en faisant le mieux possible. La faute est du côté du droit et la culpabilité est du registre de la loi. Le pardon ne peut pas passer du côté du droit, mais du côté de l'amour (cf parabole de l'enfant prodigue). La première chose que Jésus fait, c'est délivrer un malade de sa culpabilité: "tes péchés te seront remis". Dieu est un Père qui attend toujours celui qui est parti.

Diaconia nous a invités à être inventifs pour servir la Fraternité:"La vie mêlée, lieu de la révélation". Etre prêtre, c'est d'abord être pasteur, aimer les gens, même s'ils ne sont pas parfaits, donner du sens à ce qu'ils vivent, entrainer ses interlocuteurs sur un chemin d'amour.

Comment faire avancer les choses?

S'agissant du mariage: La préparation se fait de mieux en mieux, même si elle n'est pas parfaite. Mais une journée, un week-end, c'est court. Et longtemps, l'Eglise n'a su que parler, pas dialoguer pour rejoindre les gens dans leur vie. Pour certains, pour qui le mariage est un rite social et non une promesse devant Dieu, pourquoi ne pas proposer une prière à l'Eglise, sans sacrement? Créer une cellule de crise pour les couples en difficulté. Nous sommes dans un monde qui n'accepte pas l'échec.

S'agissant du divorce et du remariage: L'Eglise est un peuple. Rien ne bougera si on ne bouge pas ensemble. Le peuple de Dieu est divers. Il faut remettre l'Histoire d'Amour au coeur de la Foi. Un travail de communication est nécessaire. L'Eglise est une famille d'accueil, elle ne peut rejeter ses enfants. On ne peut pas admettre qu'on soit dans une Eglise qui a déjà pratiqué le Jugement Dernier (cf pastorale des détenus). L'Eglise, ce sont des hommes et des femmes avec leurs péchés, pas les bien-pensants. Ce qui revient souvent dans un divorce, c'est la souffrance de part et d'autre. il faut annoncer les prières à l'occasion d'une nouvelle union, où bien entendu, il n'y aura pas sacrement. Et rendre compte que cela s'est passé ainsi. L'Eglise doit se convertir à l'Evangile. Son discernement est important.

Il est nécessaire d'inventer des lieux d'accueil, d'écoute, et de leur donner une bonne visibilité. Il est nécessaire d'être pratique: voir ceux qui aident, pas ceux qui enfoncent. Le divorce peut être une grâce qui met en situation de pauvreté. De toute chose, on peut tirer du bon. C'est l'occasion d'un sursaut. La parole qui sauve est importante. Les silences aussi, les silences de compassion par exemple.

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