Je ne sais pas manifester mes sentiments

Exprimer ses émotions ? Plus facile à dire qu'à faire ! La faute tantôt à la pudeur, tantôt à une difficulté à verbaliser. Et puis, nos émotions, à qui les confier ? A nos proches ou à un professionnel ? Voici quelques pistes...

Dans la vie, on a déjà des tas de choses à gérer. Alors s'il faut en plus prendre son temps de s'écouter et d'analyser ses propres émotions : On ne s'en sort plus. Pourtant, ne pas faire attention à sa sensibilité, à ses sentiments peut être une attitude très destructrice...

Pourquoi faut-il exprimer ses émotions au quotidien ?

Faut-il faire l'effort d'exprimer systématiquement toutes ses émotions ? Pas forcément ! Mais face à des émotions négatives, le refoulement a parfois des conséquences nocives. Il est donc plus sain de les exprimer, afin de s'en libérer. La capacité d'exprimer ses émotions nous facilite grandement la vie au quotidien !

En effet, une bonne communication constitue la base de relations saines et harmonieuses. Au travail ou en famille, faire part de ses émotions est plus particulièrement utile lorsque nous ressentons de la colère ou de la souffrance. Incapable d'exprimer ces émotions, nous risquons de nous lancer dans un réquisitoire, et la discussion tournera immanquablement au conflit.

Comment réussir à exprimer ses émotions

Famille, amis ou conjoint, il arrive fréquemment que nous fassions part de nos émotions à nos proches. Lorsque tout va bien, nous partageons volontiers notre joie et lors de moments plus délicats, le simple fait de s'ouvrir à un confident nous soulage. Cependant, certaines émotions nous submergent régulièrement. Nous les subissons, quand elles nous empêchent d'avancer, sans pour autant parvenir à les surmonter. Il est alors temps d'envisager une thérapie, afin de remonter à la source et de se libérer une fois pour toutes de ce frein.

Le développement de la communication Internet facilite l'expression des sentiments sans grande prise de risque. C'est confortable, car, qu'ils soient bons ou mauvais, forts ou faibles, exposer ses sentiments face à un auditoire est source d'enjeux importants.

Définition des sentiments

Les sentiments sont des pensées chargées d'émotions que l'on appelle ressentis. Par le jeu des hormones, ils produisent un effet physiologique euphorisant ou déprimant. Ils rendent dépendant.

Les sentiments déterminent le monde relationnel sans lequel l'on ne peut exister, c'est dire l'importance de les connaître. Les sentiments ne sont pas définitifs : ils évoluent au fur et à mesure de nos expérience de vie ( la dépression ou la rancoeur peuvent alterner avec la joie de vivre) et l'on peut agir sur eux, grâce à leur aspect dynamique.

Nous générons alors des sentiments complexes et opposés : admiration / humiliation, envie / honte, orgueil / culpabilité.

Nous élaborons des stratégies pour manier nos ressentis suivant les moments de notre vie et les mettons en mots : « j'ai de l'estime pour toi », « il est lâche », « tu me détestes », « je souffre », « j'ai honte », « tu m'attires », « c'est l'homme de ma vie », ect.

Un sentiment est donc un message transmis et reçu, même si le destinataire n'est que soi-même :

Nous communiquons dans le monde à travers le filtre de nos sentiments selon plusieurs formules :

. expression directe et claire, ou de manière impertinente, pour atteindre un objectif ou suivre un besoin ;

. expression indirecte et subtile par timidité ou pour rechercher un effet ;

. déni, dissimulation, manipulation, travestissement des sentiments.

Pourquoi apprendre à exprimer vos sentiments ?

Fabriquer et vivre attaché à vos sentiments vous rend affectivement dépendant. Apprendre à les exprimer est donc une étapes obligée si vous ne voulez pas qu'ils vous dominent et souhaitez devenir serein.

Vouloir apprendre à exprimer ses sentiments répond souvent à une nécessité :

. s'adapter à un contexte particulier ;

. être enfin soi-même et s'affirmer ;

. sauver une relation, répondre à une demande, diriger dans le monde professionnel, atteindre un but ;

. rétablir sa santé.

. Ne pas savoir comment les exprimer nous rend confus et nerveux. On peut devenir agressif ou fuyant.

Exprimer ses sentiments à bon escient permet de s'intégrer à un groupe, à une société, suivant différentes valeurs socio-éducatives.

Les émotions corrélées aux sentiments ignorés sont «  enterrées vivantes » :

. Elles deviennent psychogènes et demandent à s'extérioriser.

. Elles provoquent anxiété et angoisse.

. Elles sont donc délétères et finissent par altérer votre santé.

A noter : face à la difficulté d'exprimer leurs sentiments, certains pratiquent le déni pour éviter tout risque et inconvénient ; ils les ignorent ou les font endosser par un autre, surtout s'il s'agit de mauvais sentiments. Il ne s'agit là que d'une stratégie pour se protéger.

Faites un travail sur vous pour renforcer votre faculté à exprimer vos sentiments.

La confiance en soi

Rappelez-vous que l'expression, juste et saine des sentiments est facilitée si vous avez une base de confiance en vous construite dès l'enfance. Cependant, vous pouvez également construire cette confiance en vous par vous même.

L'affirmation de soi

Cette faculté est difficile à acquérir si vous êtes d'un naturel introverti, doux, timide, peu agressif et si, en plus, vous connaissez pas de talents et vos valeurs, que vous allez également de voir découvrir.

Le travail à faire est différent suivant votre tempérament inné :

. Extraverti : vous exprimez facilement vos sentiments assortis de leurs émotions, bonnes ou mauvaises. C'est dans la vie sociale que vous rencontrez des limites : s'exprimer à tort et à travers génère des conflits ; vous perdez plus que ce que vous ne gagnez.

. Introverti : vous vous laissez déborder intérieurement et réagissez d'une manière maladroite. Vous tendez à devenir une personnalité fuyante, difficilement interprétable, voire même opaque.

La connaissance de soi

Connaître vos sentiments est la condition sine qua non pour savoir comment les exprimer et pour décoder ceux d'autrui.

Savoir exprimer ses sentiments est une habileté sociale et une source d'équilibre qui aide à ne pas passer à côté des vraies opportunités, à rester concentré sur ses objectifs et à moins se tromper.

Relisons, méditons, apprenons par coeur ce texte magnifique de Paul (1 co 13, 1-8)

Sans l’amour nous ne sommes rien, nous sommes faits pour aimer. Et cela reste vrai lorqu’on a été très blessé(e).
Nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1,26) qui est un Dieu d’amour et de relation intense netre le Père, le Fils et l’Esprit. Nous sommes donc des êtres de relation et d’amour.
Mais l’amour humain a des formes diverses et différentes. Après les blessures du divorce ou du deuil, on peut aimer autrement parce que quelles que soient les circonstances, notre capacité à aimer reste immense. Certains choisissent la fidélité au sacrement de mariage, d’autres s’engagent vers une nouvelle union. Dieu respecte tous nos choix.

Mais le choix essentiel qui doit orienter toute notre vie, c’est le choix de la vie (relire ce beau texte Dt 30 « Choisi donc la vie ! »). Certains de nos choix nous mènent à des impasses qui ne nous construisent pas. Certaines personnes se complaisent dans leurs souffrances.

Choisir la vie, c’est inventer sa vie à travers des sentiers parfois nouveaux et inconnus, parfois plus abrupts, qui paraissent difficiles.

La vie est un cadeau gratuit : vivre c’est partager ce cadeau. Le garder pour soi seul c’est mourir.

Méditation biblique : (Jn 4, 5-30) Jésus rencontre la Samaritaine.
La première parole de jésus à cette femme « Donne moi à boire » c’est-à-dire comme sur la croix « J’ai soif ».
Face à cette soif qui lui est exprimée, la femme met des obstacles. Le 1er obstacle est social, en raison de l’opposition entre les Juifs et les Samaritains et de la barrière culturelle entre les hommes et les femmes. Le second obstacle est matériel : Jésus n’a rien pour puiser de l’eau (4,11). Le 3ème obstacle est moral : cette femme n’a pas de mari. Jésus révèle à la samaritaine la grande soif d’amour qu’elle n’a jamais réussi à apaiser. La vraie soif c’est d’aimer et d’être aimé. Dieu, lui aussi, connaît cette quête incontournable. Il a soif de l’amour des hommes.
Ce passage de Jean intitulé « l’eau vive » souligne la soif réciproque de Dieu et des Hommes, cette soif inextinguible qui nous pousse sans cesse à aller chercher dans le plus profond de notre coeur la source de cet amour.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009

La Paix est un thème récurrent dans les Evangiles. Dès la naissance de Jésus (Lc 2,1-4) les Anges louent Dieu « Gloire à Dieu et Paix sur la terre aux hommes objets de sa complaisance ». La Paix aux hommes fait la gloire de Dieu. Après le divorce, comme après toutes les turbulences de la vie, s’impose le besoin de sérénité, d’apaisement, d’harmonie intérieure.

Trois pistes sont nécessaires pour avancer vers la Paix, qui n’efface pas les souffrances mais permet de les appréhender autrement.
- oser faire la vérité
- oser le pardon
- retrouver le chemin de la confiance

-1ère piste : oser faire la vérité « La vérité fera de vous des hommes libres » Jn 8,32

Oser rechercher la vérité c’est trouver des chemins de liberté. Face à la déstructuration du divorce, certain(e)s cachent, enfouissent la vérité sous un couvercle. D’autres s’étourdissent par trop d’activités.

Il faut oser regarder la vérité et oser traverser la mort du divorce pour retrouver la vie, lutter contre ce cancer qui ronge le coeur.
Ce chemin ne peut pas être parcouru seul(e) sinon on tourne en rond. Ne pas être seul, ce la veut dire qu’il faut trouver au moins une personne qui écoute, ou ce qui est mieux, un groupe de parole. Il faut ouvrir un espace de parole pour verbaliser son histoire.

Dans le récit des pèlerins d’Emmaüs (Lc 24,13-35), Jésus, très habilement, pose une question qui va déclencher leur parole. Ils expriment leur mal-être et Jésus les écoute.
Il faut que la souffrance sorte sinon elle étouffe. Parler fait prendre de la distance avec la souffrance. Parler c’est se raconter, laisser monter son émotion pour l’exprimer, dire sa colère, son désarroi, ses incompréhensions, sa rancoeur, ses avancées , ses découvertes.

Parler en groupe permet de se faire éclairer par l’histoire des autres, tout en sachant que personne n’a la solution à la place de l’autre. Lentement va se mettre en place un chemin de vérité. Et sur ce chemin, l’Église dévoile son trésor -la Parole de Dieu- qui s’adresse déjà aux malades, aux blessés, aux souffrants. Les foules suivaient Jésus parce que de lui émanait une puissance de guérison soutenue par la Parole.

La Parole de Dieu doit être au centre de ces groupes qui accompagnent les personnes en souffrance.

La Parole de Dieu nous questionne, nous met en mouvement, nous structure, déplace notre conscience, nous donne la force de Dieu pour nous relever.

Pour accompagner les personnes divorcées, il faut
- aller vers elles, les rejoindre comme Jésus avec les Pélerins d’Emmaüs, car souvent elles se cachent.
- les écouter
- avoir et donner le goût de la Parole de Dieu

La confiance et la vérité partagées dans ces groupes libèrent de ce qui ligote et empéche de vivre.

2ème piste : oser le pardon

Le Pardon est une question difficile : ce n’est pas une question de morale, c’est une question d’égoïsme. La pardon libère de cette histoire qui gangrène – le pardon c’est déjà pour moi !

La pardon doit venir de moi, sans attendre quelque chose de celui (celle) qui m’a blessé(e). Mais le aprdon n’est pas possible au début car il ne peut s’envisager que sur les chemins du deuil.

A vue humaine, le pardon peut être impossible. C’est pourquoi le christ invite à une prise de conscience
- le pardon, nous avons déjà à le recevoir pour nous. Ce sont les paraboles de « la paille et de la poutre » (Lc 6,39-42) et du débiteur impitoyable (Mt 18,23-38). Dans ces récits, Jésus nous dit « regarde toi et fixe le pardon que tu vas recevoir ».

Pour cheminer vers le pardon, il faut regarder Dieu, car le pardon est au coeur de Dieu qui, Lui, sait pardonner à l’infini (Mt 18,23 – pardonner 70 fois7 fois).
C’est la belle parabole du fils prodigue (Lc 15,11-32). Pour revivre, il faut pardonner mais en passant par la « petite porte » - confier l’autre à Dieu dans la prière et demander à Dieu de pardonner à notre place. Le pardon est un cadeau que l’on fait déjà à soir et c’est un cadeau que l’on attend longtemps.

3ème piste : retrouver le chemin de la confiance

Pour cela, il faut relire l’itinéraire de Pierre. Pierre a confiance ne Jésus mais encore plus en lui-même. Il se sent propriétaire de la destinée du Christ. Pierre dit à Jésus qu’Il est le Fils de Dieu (Mt 16,16) et Jésus le fait chef de son groupe (Mt 16,17-19) mais, à la première annonce de la Passion, Pierre s’oppose à Jésus : « Cela ne t’arrivera point » (Mt 16,22). Alors Jésus l’interpelle « Arrière Satan, tu me fais obstacle » (16,23).
Puis, au chapitre 26 de Matthieu, Pierre, toujours sûr de lui, assure que lui ne trahira jamais son maître (26,31-33 et 35) et c’est l’annonce de son reniement (v 34).
Effectivement, Pierre va fuir (26,56) et renier le Christ (26,69-75).
Mais Jésus va rétablir Pierre dans son rôle de chef de l’Église au bord du lac de Tibériade. Tois fois, il lui demande « m’aimes-tu ? » et trois fois il lui redonne la mission d’être le Pasteur de son troupeau (Jn 21,15-17).
Jésus fait confiance de nouveau à Pierre qui retrouve toute sa confiance en lui. Jusqu’au bout, il accomplira sa mission.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009

La culpabilité est un sentiment sournois, souvent lié à l’impression de porter une étiquette sur le front, une étiquette que les autres me donnent ou que je m’inflige à moi-même.

D’où vient la culpabilité ?
- elle peut venir de l’enfance quand elle est due à l’éducation reçue, à l’Église, à l’éducation religieuse (Pense aux autres, ne pense pas à toi!)
- elle peut venir de nos faiblesses, de nos manques de discernement. Elle est alors due à moi-même, si j’ai un regard négatif sur moi.

Il faut apprendre à se regarder comme Dieu nous regarde, avec beaucoup de douceur, de tendresse, de compréhension.

Qu’est-ce que la culpabilité ?

Elle a plusieurs formes :
- la culpabilité vis-à-vis de moi-même : elle provient de ce que je ne corresponds pas à l’image que je voudrais avoir ou que je veux donner de moi aux autres. La culpabilité est la distance entre ce que je suis et ce que je voudrais être. Si la distance n’est pas trop importante, elle aide à nous pousser vers l’avant et à nous dépasser. Si elle est trop grande, elle mène au refus de soi, à la dépréciation culpabilisante.
- la culpabilité face au mal qu’on a fait à l’autres, c’est la culpabilité extérieure
- la culpabilité indirecte concerne ce que je n’ai pas fait et aurais dû ou pu faire.

La difficulté est que ces trois formes de culpabilité se mêlent dans notre psychisme.

Méditation du passage Jn 8,3-11 La femme adultère
Cette femme est dans une situation de honte totale, maximale -prise en flagrant délit, elle est mise au centre du groupe mais personne ne lui parle : on parle d’elle mais on ne lui parle pas à elle.
Face à cette honte et cette culpabilité, Jésus dit « je ne te condamne pas ». Sa réponse, très habile aux hommes si prompts à juger, démontre que tous les humainssont du même côté : il n’y a pas les pécheurs d’un côté et les non pécheurs de l’autre – nous sommes tous des pécheurs, mais des pécheurs pardonnés.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009,

Le divorce est un séisme, même s’il se « passe bien ». C’est un séisme qui ébranle tout: rien, ni personne n’en sort indemne. Certaines choses sont détruites, d’autres restent très ébranlées, d’autres tiennent encore parce que les fondations étaient plus solides.

Ce séisme atteint
- l’organisation matérielle du couple et de la famille
- l’équilibre psychique et affectif, surtout la confiance en soi : « Il (elle) ne me regarde plus, je ne compte plus, je ne suis plus aimé(e), donc je ne suis plus aimable »
- l’équilibre relationnel : la plupart des amis, ne voulant pas prendre parti, fuient.
- l’équilibre spirituel : certaines personnes n’osent plus entrer dans une église.

Ce qui est le plus touché c’est l’identité de la personne : qui suis-je maintenant ? Quel sens à ma vie ? Pour qui dois-je encore vivre ?

Il y a un ressort de la vie qui est atteint, c’est la confiance en soi, en l’autre, en la vie, en l’avenir, en Dieu.

Sur le chemin de la reconstruction, il y a des « faux sentiers ».
- se replier totalement sur soi
- se laisser emporter par trop d’activités
- se remettre trop vite en couple

Le seul vrai sentier est certes difficile : il faut accepter de refaire consciemment le chemin de son malheur, accepter de poser un regard sur ce qui s’est passé, essayer d’analyser pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné.
Il faut regarder son histoire, laisser Dieu me regarder avec mon histoire, laisser l’autre me regarder avec mon histoire.

Les regards nous accompagnent toute notre vie. Certains regards font douter et peuvent détruire. D’autres construisent et font espérer : le regard affectueux des parents construit l’enfant ; le ragrd des parents, doux ou sévère, nous poursuit toute notre vie.
Et le regard de Dieu ? Certains le redoutent, d’autres y retrouvent vie.

Quel était le regard de Jésus-Christ sur les gens ?
Les quatre évangélistes insistent sur l’importance du regard de Jésus sur ceux qu’il rencontrait. Ce n’est jamais un regard de jugement, c’est un regard qui redonne vie.

Méditation de passage biblique (Lc13,10-17) : la femme courbée.

Cette femme n’est pas nommée. Elle symbolise l’humanité souffrante. Cette femme courbée ne pouvait regarder que ses pieds depuis 18 ans. Elle ne pouvait croiser aucun regard. Elle était sûrement noyée dans la foule des femmes venues à la synagogue et pourtant Jésus la voir. Jésus voit surtout ceux que les autres ne voient plus. Jésus traverse la foule, s’approche et la touche. Elle se redresse. Elle peut enfin croiser le regard des autres et son premier regard s’est posé sur Dieu.
Le chef de la synagogue ne « voit » que la Loi du Sabbat à respecter. Le regard de Jésus sur ses détracteurs les remplit de honte. Quant à la foule, en voyant ce signe, elle se réjouit.
Dans ce tout petit passage, le lecteur de la Bible se rend compte de l’importance des regards.

Intervention du père Guy de LACHAUX, dans le cadre d’une retraite pour les personnes divorcées en toutes situations, mai 2009, Centre St Hugues de Biviers, Compte-rendu rédigé par Michèle MARTIN pour la revue Partage de Septembre 2009,

Les équipes Renaissance de l'Ouest se retrouveront les 22 et 23 juin 2019 chez les Bénédictines de Bayeux pour une récollection régionale.

Le programme est en cours de préparation. En voici les grandes lignes afin de vous inciter à vous inscrire !

Il comportera des temps d'enseignement sur le thème de l'Eucharistie et des temps de visite (visite guidée de la cathédrale et de la salle du chapitre).

Le dimanche après-midi, pour celles qui n'habitent pas trop loin et ne sont pas pressées de reprendre la route, il vous sera proposé une visite de la tapisserie de Bayeux.

La colère, ça s'apprend !

Je ne sais pas manifester mes sentiments.

Pendant le divorce, je ne me souviens pas vraiment de colère. Je dois faire un effort pour me souvenir. La colère était certainement là, comment faire autrement ? J'étais fâché, je lui en voulais, je m'en voulais aussi. Mais était-ce de la colère? En tout cas, cette colère ne s'extériorisait pas beaucoup, je ne me souviens ni de vaisselle cassée ni de cris. Je n'ai jamais dit, ni même reconnu, être en colère. En revanche, j'ai beaucoup écrit à mon avocat qui, le pauvre, n'y pouvait rien. Ce n'est qu'après trois ou quatre ans que j'ai renoué avec la pratique catholique, que je suis retourné à l'église et ai participé à des groupes de prières ou des groupes de paroles. Ces groupes m'ont certainement aidé à retrouver un peu de sérénité.

Où sont passées toutes mes contrariétés?

Pendant les 26 ans de mariage, je ne me souviens pas non plus m'être mis en colère contre mon conjoint. Comment ai-je fait pour tout accepter, que ça me plaise ou non? Où passaient toutes mes contrariétés? Avais-je même conscience d'être contrarié? Ou bien essayais-je de me persuader que j'étais heureux, que tout allait très bien? Quand j'y réfléchis, c'est d'ailleurs assez amusant, parce que mon conjoint ne cessait de me dire que " ça n'allait pas" , qu' " il fallait que ça change" , sans que je comprenne, d'ailleurs jamais, ce dont il s'agissait. Ce dialogue de sourds était si répétitif qu'il aurait dû m'alerter et m'obliger à regarder en face ce qui devenait un comportement névrotique.

Lorsque j'étais enfant, j'ai certainement fait des colères, comme tous les enfants. Et puis on m'a certainement expliqué qu'il ne fallait pas se mettre en colère. Et comme j'étais un bon garçon, j'ai certainement cessé de me mettre en colère. Mais m'a-t-on seulement expliqué comment exprimer mon désaccord ou mon insatisfaction d'une façon acceptable pour la société? Probablement pas, ou alors je n'ai pas bien compris.

La colère, ça s'apprend. La colère, c'est de l'énergie. La colère, c'est nécessaire.Celui qui sait la maîtriser, comme Monsieur Pasquier(1), alors le monde est à lui. Ce n'était juste probablement pas mon cas.

(1) Monsieur Pasquier: " Papa se mit à sourire, son calme devint effrayant et nous comprîmes tous qu'il était parti, sans retour, pour une colère majuscule, une colère telle qu'un homme n'en fait pas trois d'aussi belles dans sa vie."Chronique des Pasquier ( 1933-1945) de Georges Duhamel.

Hervé

Trajectoire sinusoïdale: projection d'une droite dans un mouvement tournant comme une balle qui sort d'un revolver.

Divorcée il y a dix ans, Christelle a transformé son regard, devenu plus indulgent.

Dix ans après ma séparation puis mon divorce, je suis frappée de constater combien le regard que je porte sur ma personne et ma situation à évolué.
Telle une sinusoïde, il a progressé au gré des joies et des peines, des petits échecs et des grandes victoires!

Regard de conquérant lors de la séparation. Je suis celle qui a pris la décision, douloureuse pour tous, mais nécessaire et assumée avec force. Rêves d'un avenir plus heureux loin des cris et des pleurs.

Regard de peine quand au fil des années la solitude se fait mordante, quand les amitiés anciennes de la vie de couple s'effilochent, quand les étés dans une maison vide sans enfants et les repas solitaires sont angoissants.

Regard d'échec quand la haine de l'ex-conjoint vous poursuit et vous épuise, quand la vie professionnelle, matérielle et familiale est si lourde à porter seule, quand l'éducation des enfants vous échappe ; quand le regard des familles "bien comme il faut" vous exclut et quand la confiance s'amenuise.

Regard de fierté quand les années passant, les projets menés seule s'accomplissent malgré les obstacles; quand les enfants prennent leur envol avec confiance; quand l'église vous accueille toujours et vous soutient; quand de nouvelles amitiés plus proches,plus vraies se forgent; quand la force vitale abîmée et cachée s'épanouit de nouveau.

Regard apaisé et indulgent sur une autre vie acceptée, sur mes fragilités assumées, sur mes blessures cicatrisées mais toujours sensibles.

EMMANUELLE

au presbytère ND du Voeu 32 rue du président Loubet à Cherbourg-en-Cotentin

le thème sera : le chemin du pardon

Un petit rappel:

L'assemblée générale de Renaissance aura lieu les samedi 27 et dimanche 28 avril 2019 à la Maison d'accueil de la Basilique du Sacré Coeur de Montmartre.
La date limite d'inscription était fixée au 28 février 2019.

Pour celles qui ne se sont pas encore inscrites, il est encore temps de le faire !!!
Mais ne tardez pas trop !

Les inscriptions sont à envoyer à la trésorière nationale par courrier :
Brigitte Enguerrand
56 avenue Jacques Chastellain
Ile Lacroix
76100 Rouen

Si vous avez égaré le bulletin d'inscription ou le programme de l'AG, vous pouvez les redemander par mél
à : brigitte.enguerrand@free.fr (trésorière nationale)
ou
à : isabelle.bigot7@wanadoo.fr (secrétaire nationale)

Pour télécharger le bulletin inscription:

  • bulletin inscription